PORTFOLIO

Qui suis-je

Je suis né le 29 mars 1975 à Fontenay aux Roses.

J’ai franchi un jour les portes du Théâtre Gérard Philipe à Saint- Denis. Depuis, je n’ai plus quitté les salles et les plateaux, écrivant mes premières pièces et multipliant les rencontres avec des artistes tels François Tanguy, Claude Régy, François Verret, Josef Nadj ou Stanislas Nordey qui m’invite à rejoindre l’École du Théâtre National de Bretagne.

Un gout pour l’écriture dès mon adolescence, improvisateur dans les lieux publics, je deviens acteur et metteur en scène avant de créer, en 2006, Vita Nova , une compagnie dont le nom est une référence à Dante.

Autour de moi se constitue un noyau dur de fidèles collaborateur-rice-s et de lieux refuges comme la Fonderie au Mans, le Studio- Théâtre de Vitry-sur-Seine et l’Échangeur à Bagnolet qui vont m’accompagner dans une aventure théâtrale débutée en 2007 qui s’ouvre avec Passé – je ne sais où, qui revient, suivi en 2011 de Au pied du mur sans porte, deux titres empruntés à Pessoa, avant de se conclure, avec Rabah Robert, touche ailleurs que là où tu es né. Trilogie racontant l’épopée d’une famille entre France et Algérie.

En 2014, Au pied du mur sans porte sera à l’affiche du Festival d’Avignon (in) et Rabah Robert est présenté dans divers centres dramatique nationaux. Je m’écarte de cette grande fresque épique pour écrire Petits contes d’amour et d’obscurité créé au festival Mettre en scène à Rennes.

En 2016, je deviens artiste associé au Théâtre National de Strasbourg. J’y présente Sombre Rivière un cabaret survolté – un manifeste théâtral et musical contre les replis identitaires qui ont succédé aux attentats du 13 novembre. C’est aussi le premier volet d’un triptyque cinématographique théâtral et musical exprimant avant tout une soif d’amour infini pour l’imaginaire et la poésie.

En 2019, est créé le deuxième volet : Je m’appelle Ismaël. Le cinéma s’invite plus conséquemment dans la forme et le sujet de cette pièce notamment par le personnage d’Ismaël, un jeune réalisateur se lançant à corps perdu dans la réalisation d’un film de science fiction.

Je m’appelle Ismaël est aussi un réservoir de matériaux filmiques pouvant prendre diverses formes.

Mes pièces de théâtre sont parues aux éditons Voix Navigables et Solitaires Intempestifs.
Vita Nova, ma compagnie dispose du label de compagnie à rayonnement nationale conventionnée par le ministère de la culture.

Rabah Robert

Au pied du mur sans porte

Petits contes d’amour et d’obscurité

Sombre rivière

Coeur instamment dénudé

Des jambes pour une sirène

Lazare vu par … Aurélie Charon – Emission Backstage n°12 France Culture lundi 16 Novembre

Quand on ne se comprend plus on se demande parfois : Est-ce qu’on parle la même langue ? Est-ce qu’en France, là, on parle la même langue ?
Lazare est de ceux qui font de la langue une respiration et donc on a la même et il annule la question.
Lazare c’est le nom qu’il s’est choisi et Libellule c’est son double, son personnage.
Il insiste, je ne veux pas être enfermé dans le récit de de l’arabe qui s’en sort depuis ses tours de Bagneux, non Lazare ce n’est pas ça, c’est juste un français qui réinvente la langue à chaque instant,  avec panache, avec liberté de tordre les mots. Il en fait un mode de survie, le besoin de les prononcer.
Alors où fait-il bon au cœur de l’orage, écrit Aragon ? Lazare a toujours écrit au cœur de l’orage, exactement là.
Lazare avant de savoir lire ou écrire, déchiffre en apprenant des poèmes. Voilà ce qu’on va faire : apprendre ensemble des poèmes. Où fait-il bon même au cœur de l’orage ? A l’intérieur des mots.
Dans une des pièces de Lazare on dit «je suis un garçon français sans France».
D’où l’importance de la nommer pour qu’elle existe et d’inventer des mots s’il le faut pour qu’elle ressemble à l’idée qu’on s’en fait. D’où l’importance de s’écouter parler.

Lazare a dit « c’est dangereux d’écrire, c’est une façon de définir le réel et là les problèmes commencent…  Mais cela permet aussi de ne pas enfermer les êtres dans une seule définition ».
Lazare ressuscite la langue, les mots et ce dont on a besoin. C’est une langue qui souffle et qui crache. Le cœur de Lazare a commencé à battre a Fontenay aux roses en 1975, il dit «je pose des questions qui me brulent à vif » il écrit sans cliché, il  avec une langue haute et belle, avec un art de la torsion.

Bruno Takels – Revue Parage – avril 2018 –

(….) Toute la prose de Lazare, brute et savante à la fois, est tombée au milieu, entre ces deux mondes, déracinée, et dont la survie repose sur une incroyable volte-face : « Les racines sont dans les pas que l’on fait. » Une quête, une quête inlassable, dans les ruines calcinées de la mémoire,encore Hèdes. Dans la tête de Lazare, comme dans ses spectacles, il y a plein de réunions, et ça bataille sec. Alors, pour trouver un peu de paix, il y a la musique, le chant. Quand les musiciens prennent la relève, on pense à Dona Musica, qui a tout dit :

«Celui, qui ne sait plus parler, qu’il chante!

Écriture et mise en scène

Passé-je ne sais où, qui revient / Création 2009

J’écrivais une petite fille dans une maison calcinée, le plafond délabré empêtré de nuages. J’écrivais un hasard fait de courants atmosphériques où les prises font défaut avec notre vie actuelle. La bouche bordée de lait, couché, la télévision allumée aux événements militaires. J’écrivais dans ma chambre, j’interrogeais des présences. Ne pas dormir c’était interroger et quelque chose parlait dans mon dos : – « Est-ce toi ? « – « Tu penses avoir le droit de regarder ici ? « Et ce fut la venue étonnante de ma mère, dans un café, qui pour une fois me parla de son enfance et j’appris que mon écriture se souvenait de tout. Nous avons été des anges quelque part.»

Passé – je ne sais où, qui revient est un voyage dans la tonalité du souvenir, un voyage entre plusieurs mondes : le théâtre, la part obscure de la mémoire d’une petite fille de 5 ans, le pays du Sourd Sommeil. Le 8 mai 1945, deux faits mineurs survenus à Sétif et à Guelma déclenchent le plus grand massacre de l’histoire de France contemporaine, en temps de paix : au moins 20 000 et probablement 30 000 algériens sont tués par des européens.

C’est le centre rayonnant de la mémoire. Elle est en relation avec le monde invisible. L’absence de son père, tué à une manifesta>on, est devenue une rêverie de l’éternité. Son fils Libellule est un jeune homme enjoué et gourmand. Il est acteur, il refuse ses rendez-vous avec le réel. Sa tête est un lieu de réunion. À la frontière de la veille et du sommeil, dans l’intériorité, il conçoit l’univers. Autour de son lit flotte la voie lactée ; l’œil est fait de la même matière que les étoiles. Les morts bondissent dans son cœur, de- viennent flammes, pensées dévorantes et les esprits s’emparent de ce qui dort.

Passé-je ne sais où, qui revient / Presse

Théâtre/Public (septembre 2009) Sabine Quiriconi
Dans l’histoire de l’artiste, le rapport à la langue de la mère – incorrecte, non officielle – s’est révélé fondateur. Ecrire, dès lors, peut se définir comme une manière de s’éprendre de la parole de l’autre, des signes de sa marginalité et de les transformer – de les traduire – non en une langue plus admise mais en une parole qui fait de son étrangeté même son impact et sa signifiance. Faire entendre le texte, c’est transmettre l’écoute intime de la parole d’autrui, en proposer non l’imitation mais une variation, qui tisse ensemble la langue de la mère, analphabète, et son écho dans le silence attentif du fils, écrivain. L’écriture a sculpté, dans le parlé matriciel, la place d’une écoute (…..)
De fait, Lazare ouvre un espace de réconciliation – qui dérange – parce qu’il ne juge ni ne tente d’expliquer, parce qu’il déplace les termes des débats sur la guerre d’Algérie, parce qu’il ne raconte pas son histoire, ne met pas en scène sa langue… Chacun est tenté, à la fin du spectacle, de parler de soi, mais comme un inconnu que des histoires silencieuses traversent et constituent. Faire entendre le texte, ici, c’est provoquer le souvenir des histoires qu’on n’a pas vécues et dont on a hérité sans le savoir. C’est rendre perceptible que la transmission ne passe jamais par la langue du pouvoir et que la charge émotionnelle d’une parole anime l’exact endroit où, par le travail de l’écart et l’épreuve de la différence, nous nous reconnaissons intimement. C’est révéler la trace en nous de ce dont nous ne pouvons témoigner mais dont nous avons le secret, et que nos actes de parole ne cessent pourtant de restituer, par devers nous.

Rue 89 (février 2009) Jean pierre Thibaudat
(….)C’est un spectacle militant?
– Non. Enfin oui, mais à la périphérie.
– Le centre, il est où ?
– A Guelma, justement. Tous ces morts algériens, victimes de l’armée française avec la complicité de l’administration, les corps brûlés pour qu’il n’y ait pas de trace.
– Cela fait penser à la Bosnie.
– Oui. Sauf que pour Guelma, c’est resté enfoui. Les livres d’histoire n’en parlent pas. C’est le centre du spectacle mais c’est un centre absent.
En fait c’est l’histoire d’une mère qui raconte à son fils que son jeune père -le père de la mère est mort à Guelma, tué comme un chien. Elle lui raconte ça dans un café et le fils se rend compte que son grand-père mort sera toujours plus jeune que lui. Alors dans sa tête ça vacille, il fait de drôle de rêves. Il se demande si son père à lui n’est pas un caïd de Barbès.

Passé- je ne sais où, qui revient L’échangeur à Bagnolet – Janvier 2009 (photo : Hélène Bozzi)

Cassandre/ hors champ (été 2009) SamuelWahl
Guelma, 8 mai 1945 : au moins 20000, probablement 30000 algériens insurgés sont tués par des européens, en temps de paix. Le jeune auteur, metteur en scène et comédien
Lazare plonge avec courage dans ce paradoxe de mémoire collective anéantie, occultée, avec
Passé- je ne sais où, qui revient… Dans l’obscur chaos, éclatante démonstration de ce que peut l’histoire quand l’histoire vient à manquer.
Mouvement (revue trimestrielle, avril 2009 ) Bruno Tackels :
En février 2009, au théâtre de l’échangeur à Bagnolet, Lazare présentait Passé- je ne sais où, qui revient, un texte d’une grande beauté, qui s’arrache à la biographie pour mieux s’offrir aux acteurs qui lui donnent vie.

Passé-je ne sais où, qui revient / Extrait

Metteur en scène. – Bon… et votre fils il est comédien ?
L’illettrée. – Mon fils il est comédien oui.
Metteur en scène. – Et… il travaille avec moi, il est acteur avec moi, il manque toutes les répéSSons…L’illettrée. – Ouais
Metteur en scène. – Et il me dit que c’est à cause de vous en fait… parce que vous ….
Il ne vient plus au répétition, il est absent, il arrive toujours en retard, il est normal ?
L’illettrée. – Ah oui ! Mon fils il aime bien à dormir un p’St peu, il aime bien, il dort un peu.
Metteur en scène. – Il faut qu’il se réveille.
L’illettrée. – Il faut qu’il se réveille… Faut que je le réveille sinon il se réveille pas ! Ouais, c’est un travailleur mon fils.
Metteur en scène. – En attendant il ne vient pas à la répétition, ça fait une heure qu’on l’attend.
L’illettrée. – Ah oui ? Oui, il faut que je le réveille alors ! je vais le réveiller…
Metteur en scène. – Il dit qu’il ne viens pas parce que vous lui avez raconté des histoires horribles…
L’illettrée. – Et il a eu peur et horrible il a fait des cauchemars et il n’arrive pas. C’est pour ça qu’il n’est pas venu travailler.
Metteur en scène. – Et vous, vous voulez prendre son rôle alors ?
L’illettrée. – Oui, moi je prends son rôle.
Metteur en scène. – D’accord. L’illettrée.
– Si il ne vient pas, moi je reviens.
Metteur en scène. – A sa place. Mais vous…
L’illettrée. – Mais je veux bien.
Metteur en scène. – Mais vous parlez trop mal le français pour jouer au théâtre !
L’illettrée. – Si… Si je parle un peu mais je parle un peu parce que j’aime le théâtre, c’est pour ça je veux devenir voir le théâtre. Pour jouer au théâtre.
Metteur en scène. – Et qu’est ce que vous savez faire pour le théâtre ?

L’illettrée. – Oui. j’aime bien les danses twist.
Metteur en scène. – C’est comment le twist ? Comment ils dansent les gens ?
L’illettrée. – Ah ben avec leurs pieds !
Metteur en scène. – Avec leurs pieds !
L’illettrée. – Oui
Metteur en scène. — Ils dansent avec leurs pieds ?
L’illettrée. – Oui, avec leurs pieds.
Metteur en scène. – Vous pouvez me montrer comment c’est ?
L’illettrée. – Oui.
Metteur en scène. — Faites avec vos pieds !
L’illettrée. – Voilà je fais là…comme ça… (Elle chante et bouge ses pieds) twiste-twiste-twiste…
Metteur en scène. – Mais c’est une danse de jeune, ça ! ?
L’illettrée. – Ah oui ! C’est mon époque…
Metteur en scène. – Mais c’est un peu…
L’illettrée. – L’année… l’année cinquante… c’est mon époque…
Metteur en scène. – Mais vous avez dansé ça ?
L’illettrée. – Oui, j’ai… à mon époque on a dansé ça twiste-twiste-twiste…
Metteur en scène. – Et aujourd’hui vous pouvez encore danser ça ?
L’illettrée. – Oui, oui, l’année soixante que j’ai arrivé en France.
Metteur en scène. – Non mais aujourd’hui dans mon théâtre… est-ce que vous pouvez danser ça ?
L’illettrée. – Oui, je peux danser ça twiste- twiste-twiste (Elle monte sur une chaise, danse et chante de plus belle.)
Metteur en scène. – Vous trouvez que c’est bien ce que vous faites là ?
L’illettrée. – Oui. Moi je trouve c’est bien oui twiste-twiste-twiste
Metteur en scène. – Vous pouvez vous asseoir s’il vous plait ?
L’illettrée. – Pourquoi ?

Ecrit et mis en scène par Lazare  
Avec:  Anne Baudoux, Marion Faure, Julien Lacroix, Claire-Monique Scherer, Philippe Smith, Bruno Pesenti et les musiciens Benjamin Colin & Frank Williams
Composition sonore: Benjamin Colin
Lumière: Bruno Brinas
Conseil chorégraphique:  Marion Faure
Conseil scénographique : Marguerite Bordat
Production : Vita Nova, avec l’aide à la création de la DRAC Ile-de-France
Coréalisation : L’Échangeur – Bagnolet- avec le soutien de La Fonderie – Le Mans, le Théâtre des Bouffes du Nord, le Studio-Théâtre de Vitry -sur -Seine

Tournée : 25 représentations
Du 7 au 21 février 2009, création au Théâtre L’Échangeur–Bagnolet
Les 19 et 20 juin 2010, festival Impatience, Odéon-Théâtre de l’Europe Du 15 au 17 février 2011, Comédie de Béthune
2ème création avec les élèves du groupe 44 de l’école du TNS
Du 17 au 20 avril 2018 au Théâtre national de Strasbourg

Au pied du mur sans porte / Création 2011

« Au pied du mur sans porte », c’est comme une obligation de rendre possible le seul impossible. On dirait les éclats d’une métaphysique analphabète. L’éventualité d’être conçu et de ne pas naître instaure un doute universel, ébranle le monde parce que, justement, ce n’est peut être qu’une éventualité. »
Claude Régy

« Là, de l’autre coté de la porte, sur le seuil de la vie, un frère mort. Imbéciles, nous sortons du nid où nous avions rêvé le monde et à peine nous dévalons la pente qu’il nous faut des béquilles. Infirmes, aveugles, il faut nous mettre sur le chemin. »
Lazare

Au pied du mur sans porte – L’échangeur à Bagnolet Février 2011 –
(photo : Hélène Bozzi)

Il était une fois un jeune homme qui se prénommait Libellule… Il a sept ans quand son auteur, Lazare, en fait le héros de sa pièce. Il en aura quinze au terme de l’histoire, quinze années qui s’inscrivent dans un quartier de banlieue, dans une cité délaissée où il croise amis et ennemis, représentants des autorités et dealers. Tous sont parties intégrantes de son univers sur lequel règne une mère attentive. Si Libellule vit dans la réalité du monde qui l’entoure et le brutalise, il est sans cesse hors de ses limites, hors-normes, inclassable, inadapté, parce que préférant dès son plus jeune âge « les rêves à l’école ». C’est dans cet entre-deux, dans ce no man’s land entre imaginaire et réalité, qu’il ne partage qu’avec un jumeau mort né toujours à ses côtés, que le jeune héros s’isole, se calfeutre, se protège, entre culpabilité et désir de liberté. Évitant ce qui pourrait n’être qu’un théâtre documentaire, Lazare, par la magie d’une écriture inventive, nous entraîne beaucoup plus loin que dans la description, l’explication, le témoignage. Le plateau du théâtre devient le lieu d’une parole poétique, imaginative et métissée, permet- tant à chaque personnage d’avoir « sa » langue, son intériorité, sa puissance. Cette partition très précise, textuelle, corporelle et musicale, structure une mise en scène qui agit par images simples et sensibles, portée par un collectif d’acteurs engagés dans cet univers si peu rationnel mais terriblement vivant.
JF Perrier- programme du festival d’Avignon 2013

Au pied du mur sans porte / Presse

RUE89, Jean-Pierre Thibaudat, décembre 2012
«Les pièces de Lazare ne sont pas construites en actes, mais en visions. Pas de logique narrative terre à terre, pas d’explications. Chaque séquence est porteuse d’énigmes comme le sont les poèmes. Les pièces avancent par agglutinations, bifurcations et sauts dans le temps.Tout regard est un miroir. Le passé, toujours, revient, la famille vit avec ses morts. Les mises en scène de Lazare creusent les ressacs, les gouffres et les échappées de ses textes avec une imagination scénique débordante. L’acteur est un porteur de valises. Les premières de ses spectacles sont saturées de propositions (une à la seconde) surprenantes, qui trouvent leur élasticité dans le temps. »

LE MONDE, Fabienne Darge, 10 novembre 2011
«Au début d’Au pied du mur sans porte, Libellule a 7 ans. Il a un retard d’école, comme dit sa mère, porte un cartable plus grand que lui et d’énormes lunettes qu’il perd sans cesse, tout étourdi qu’il est, comme sa Carte orange et ses habits. Les jours de pluie, il s’égare dans les flaques, où il rencontre son jumeau mort avant d’être né, le Double. […] Libellule a 15 ans, puis 17, il entre dans la ronde formée par JR, le dealer, le Policier (ainsi nommé) et les amis perdus par la drogue, Le Criquet ou Loula. Il a abandonné l’école, la maison, tout, quoi, et se dit qu’il est un Français sans France. On ne racontera pas ce qu’il advient alors, dans ce spectacle où les peintures inspirées d’ex-voto mexicains, les – vrais – dessins d’en- fants, le travail sonore étrange et délicat de Benjamin Colin composent un univers qui ne ressemble à aucun autre. […] Lazare, donc, un garçon que le prénom destinait à revenir d’entre les morts, et qui n’a voulu garder que cette identité visible. Il a bien trouvé la porte au pied du mur, avec son théâtre salvateur, qui cherche à ouvrir les carapaces humaines pour nommer le monde de manière sensible. »

L’HUMANITÉ, Marie-José Sirach, juillet 2013.
« Lazare est un ovni dans le paysage théâtral. Il réinvente la langue, l’illumine de mille fulgurances, casse le tempo, bouscule les rythmes, éclate la scansion. C’est une langue bien vivante, truculente, qui roule des mécaniques mais recèle des visions poétiques, oniriques en des endroits inattendus. Elle vit, palpite, respire, souffle, crache, témoigne du bruissement de l’humanité, des éclats du monde qui nous parviennent par bribes. Auteur, il est aussi le metteur en scène. Maître d’œuvre, il met en mouvement ce tourbillon de mots, de notes et de corps avec la précision des plus grands. C’est culoté, gonflé, osé et joyeux. Le travail sur le plateau s’impose et disparaît comme l’évidence. Les acteurs et musiciens sont animés d’une douce folie qui les propulse dans cette aventure singulière, étrange et bouleversante. Lazare, c’est le Basquiat du théâtre. Il graffite le verbe comme le peintre américain les trottoirs de New York. Laissez passer les libellules… »

TÉLÉRAMA, Emmanuelle Bouchez, 22 janvier 2012
Jeune auteur metteur en scène repéré au Festival Impatience (Odéon-Télérama), Lazare continue d’inventer des destins pour Libellule, son personnage-valise. D’abord adulte se souvenant de son enfance en Algérie (1945)dans  Passé–je ne sais où, qui revient, Libellule devient ici un enfant inadapté scolaire et social dans une banlieue en déroute. La figure de la mère est encore là, avec sa syntaxe tronquée d’où fusent des mots précis, interprétés par la même Anne Baudoux à la voix si prenante. La mise en scène de Lazare est à la mesure de son écriture directe : faite d’images sans fioritures, d’ombres, d’éclats de percussion. C’est un conte qui commence dans une cour d’école et finit dans une cave. Pas d’issue, pas de porte dans le mur..»

LIBÉRATION, René Solis, 20 janvier 2011
« Au pied du mur sans porte est un spectacle refondateur, dont on sort avec la sensation d’avoir entendu et vu quelque chose qui ne ressemble à rien de familier. Non que la trame soit : il est question de l’itinéraire de Libellule, un gosse de banlieue élevé par sa mère.. Éducateurs, dealers ou flics, tous les personnages d’un théâtre de la cité (Lazare a écrit sa pièce après être retourné dans un quartier de Bagneux qu’il connaissait bien) sont là. Pas une trace de parler caillera, nulle pulsion hip-hop rap ou slam, ni l’ombre d’un discours militant, la banlieue de Lazare est une réinvention qui n’emprunte à aucun folklore. […] Le dernier mot revenant à Libellule, l’enfant bigleux devenu dealer avant de prendre la fuite, qui cite Hamlet et Les Trois Sœurs, sans même qu’on le remarque : Qui voudrait supporter ce que nous supportons / Partir partir partir une bonne fois pour toutes. »

Résidence d’écriture – école primaire de la cité des Tertres à Bagneux 2009 photo : Hélène Bozzi

Au pied du mur sans porte / Extrait

« Le double‚ au public. – Alors le mec‚ c’est la cinquième fois qu’il vient. Il vient comme ça‚ me regarde droit dans les yeux… il est fou lui ! Et il commence à cogner. Il cogne‚ il cogne‚ il tape dessus… Ah ! Vas-y cogne ! Cogne ! Il cogne‚ il pense que ça va s’ouvrir‚ ça s’ouvre pas. Qu’est-ce qu’il y a mon vieux ? Arrête de faire ça je lui dis. Et il continue de taper‚ il dit ouvre‚ ouvre ! Il supplie‚ ouvre ! Ok je regarde‚ y a rien‚ y a pas de porte. Regarde comment je vais lui niquer des billets à ce bouffon ! Hé‚ j’ai l’adresse d’un bon serrurier je lui dis‚ toutes taxes comprises ! Voilà comment les faibles s’affaiblissent à voir des choses qui sont pas là. Et il se cogne le front‚ balance les poubelles contre le mur‚ il supplie‚ frappe‚ il frappe de tout son corps contre le mur‚ il s’élance et il dit ouvre-toi ! Ouvre-toi ! Et il retombe comme ça en arrière sur le trottoir. Vas-y‚ ouvre-toi ! Qu’est-ce que tu fais Ali Baba ? « J’attends qu’on m’ouvre ! » Mais tu crois qu’il y a une porte je lui dis ! Et il crie « C’est là‚ je veux récupérer mes affaires ! Faut qu’je rentre avant que le soleil me pourrisse ! » Tu peux toujours a Pendre qu’on t’ouvre la porte‚ je lui dis‚ tu peux toujours aPendre‚ on t’ouvrira jamais‚ y a pas de porte. Mais il cognait là‚ c’est là qu’il avait décidé de taper parce qu’il était né là‚ alors il s’est dit je vais taper là. À quatre heures du matin il attendait encore devant le mur. « Je vais taper là » et il ne voyait pas que la sortie c’était ailleurs. On était là‚ on était tous dans le hall‚ qu’est-ce qu’on a rigolé… Picoti picota ferme la porte et puis casse-toi ! On a rigolé‚ c’était au pied du mur sans porte. »

Répétition de Au pied du mur sans porte –Studio Théâtre de Vitry-sur-Seine février 2010 (photo Hélène Bozzi)

Texte et mise en scène Lazare
Lumière : Bruno Brinas
C
ollaboration à la chorégraphie et assistanat à la mise en scène: Marion Faure
Collaboration à la scénographie : Marguerite Bordat 
Collaboration artistique ; Daniel Migarou 
avec Anne
Baudoux, Axel Bogousslavski, Julien Lacroix, Mourad Mus- set, Yohann Pisiou, Claire-Monique Scherer et les musiciens Guillaume Allardi, Benjamin Colin, Jean-François Pauvros 
Production : Vita Nova, coproduction Studio-Théâtre de Vitry, avec le soutien de la DRAC Île-de-France Ministère de la Culture et de la Communication, de Beaumarchais
SACD, de la Spedidam, de L’Échangeur (Bagnolet), du Théâtre National de Bretagne (Rennes), u Trident Scène nationale de Cherbourg et de La Fonde- rie (Le Mans)

Tournée (57 représentations)
Du 19 au 22 février 2010, Studio-Théâtre de Vitry-sur-Seine
Du 6 au 22 janvier 2011, Théâtre L’Échangeur – Bagnolet
Du 8 au 12 
novembre 2011, Mettre en Scène, TNB – Rennes
Les 30 novembre et 1er décembre 2012, Théâtre de Sartrouville, CDN
Du 5 au 7 décembre 2012, Théâtre Universitaire de Nantes, avec le Grand T
Du 8 au 11 avril 
2013–Nouveau Théâtre de Besançon
Du 15 au 18 juillet 2013 – Tinel de la Chartreuse – Festival d’Avignon 2013 in Les 14 et 15 novembre 2013 – Le Trident – Cherbourg
Du 21 au 22 novembre 2013 – Bois de l’Aune – Aix-en-Provence
Du 4 au 6 
décembre 2013 – TNBA–Bordeaux
Du 7 au 17 avril 2016 – Théâtre de la Ville –– Paris
Le 22 avril 
2016 – Théâtre Liberté – Toulon

Rabah Robert, touche ailleurs que là où tu es né / Création 2012

La disparition d’un père est l’un des centres vides autour duquel s’articule la pièce. Rabah, Robert, les deux prénoms d’un homme. J’ai cherché longtemps le titre. Je m’en suis tenu à Rabah Robert parce qu’il est l’évocation de deux pays séparés, loin et si proches. La France, un pays soudé à un autre, l’Algérie, qui tantôt disparaît tantôt apparaît à la surface

Danse des bottes.
La rue monte devant nous jusqu’à la lune pleine, on nous laissera poursuivre notre course car il fait nuit et ils ne peuvent pas arrêter les rêves ni l’astre qui hante les prisons, et puis nous ne sommes pas fatigués grâce à mes bottes nous pouvons sauter par-dessus les ravins, sauter par-dessus les murs, nous avons plein de muscles, aucune automobile ne va plus vite que nous!
Quand nous dormons nous ne sommes pas comme les troncs d’arbres dans la neige, et d’une légère poussée on devrait pouvoir arracher notre corps à la pesanteur de la terre.
Ils s’envolent.
Des oiseaux, on dirait des fleurs!
Ils atterrissent dans le public.
Une rue d’Amsterdam sous la neige.
Libellule et sa mère sont emmitouflées dans des manteaux, écharpes et bonnets de fortune.
Libellule. – Ouah! Ça caille! Mets ton bonnet maman!
Maman, regarde la fille! Fais-lui signe comme ça! Maman, regarde, elle m’a vu!

Rabah Robert – Théâtre 2 Gennevilliers – Janvier 2014
(photo Hélène Bozzi)

À une jeune fille:
On cherche Vincent Van Gogh. Vincent Van Gogh! Vincent Van Gogh! Il s’est coupé une oreille!
Il mime la découpe de son oreille.
Van Gogh! Viens maman.
À un couple:
On cherche… euh… me and maman… mother…to Vincent Van Gogh…Van Gogh!
Very good peintre hollandais! Ma mère aime beaucoup. Viens maman, c’est par là. Par là, à droite.
À une dame en manteau de fourrure:
Vous êtes hollandaise? Pour nous, c’est l’aventure d’arriver en Hollande, on est venu de Barbès!

Extrait:

La chambre disparaît
Ouria vole et appelle son fils Libellule, de la main.
Libellule. – Ma mère, mais comment ça se fait que je me transformère en mouton?
Ouria. – Toutes les rêves que tu rêves les rêves dans les rêves que je t’ai donnés, c’est des rêves vrais.
Libellule. – Elle a mis ses bottes de danseuse!
Ouria. – Oui mes bottes en soldes je les tape sur le sol!
Le premier, le deuxième, et on s’envole!

« Derrière la gare
La marche creusée dans le mur
Où le souvenir de Rabah
Robert est assis
Il me regarde
Je le regarde
Miroir loin comme la nuit face
à face
Je suis heureux, il me regarde
Je suis heureux, je le regard
Nous sommes proches
Proches et saisissable »

« Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port tourne vers le port de la maladie. On ne se révolte plus contre les choses, on n’est pas résigné́ non plus, on est malade et cela ne passera pas. »

Rabah Robert, touche ailleurs que là où tu es né / Presse

L’HUMANITÉ, Marie José Sirach, 3 février 2014
«Avec Rabah Robert Lazare clôt un triptyque débuté en 2008, une aventure théâtrale où la langue, le corps reconstituent le récit d’une histoire sans nom.. Cet été au festival d’Avignon la découverte de l’univers de Lazare présageait un monde plus que singulier : atypique, inclassable, iconoclaste, irrévérencieux. Car Lazare ne s’est pas contenté de ressusciter. Il convoque les morts à table comme dirait Aragon, l’histoire, l’Algérie, la France et ses enfants perdus Il ne tente pas de recoller les morceaux, il s’immisce dans les silences, les oublis, les secrets. « Qu’est-ce qu’on fait des trous ? Comment vit-on quand il a des trous ? » Questionne-t-il fort à propos.  »

Rabah Robert au Théâtre 2 Gennevilliers- Janvier 2014 
(Photo Hélène Bozzi)

Au cœur de ce triptyque : Passé-je ne sais où, qui revient, Au pied du mur sans porte, et Rabah Robert- touche ailleurs que là où tu es né, Lazare, dans la trajectoire ovni dans le monde sent le soufre et la liberté, dessine une cartographie théâtrale des plus originales Le personnage de Libellule, son double, être cabossé dedans-dehors avance mû par une force secrète tissée d’une histoire dont il tente de démêler l’écheveau Une histoire familiale qui lui arrive par bribes, aussi chaotique que la grande histoire où les fantômes de la colonisation, de la guerre d’indépendance, de la vie dans les cités se croisent dans une mémoire éclatée Une langue sans cesse réinventée Alors Lazare pose des mots-déflagrations sur une histoire fragmentée pour donner à entendre une langue qui réinvente le langage, avec des mots qui prennent des sens interdits et des licences cachées, des mots éblouissants qui éclaboussent au passage une langue policée, propre sur elle, formatée Ici, pas de fioritures, pas d’éléments de langage mortifère Au contraire la vie, les pulsions de vie et d’amour distillent une langue en mouvement, une langue sans cesse réinventée qui repousse toutes les frontières de l’imaginaire Cette juxtaposition de deux prénoms « Rabah-Robert », à elle seule témoigne de l’urgence de raconter une histoire pour pouvoir aller de l’avant selon ses propres souvenirs d’enfance ; celui d’une histoire mal apprise, celle de la colonisation comme de la guerre d’Algérie (l’apparition du Général Bugeaud renvoie à celle du général Bigeard), dont les trous sont devenus des gouffres de mémoire à force de les ignorer Peut-être que nous ne comprenons pas tout  tant il y a de matériaux Mais on est emporté parce théâtre débridé, par le jeu des acteurs.  Ils virevoltent, chantent, dansent, se défient, se confient dans une chorégraphie des corps et des mots envoûtante »

Ecriture et mise en scène : Lazare
Avec : Guillaume Allardi, Anne Baudoux, Benjamin Colin, Bianca Iannuzi, Julien Lacroix, Bénédicte Le Lamer, Mourad Musset, Giuseppe Molino,
Lumière : Bruno Brinas
Scénographie‚ accessoires et costumes : Marguerite Bordat
Régie générale et construction : Olivier Berthel
Assistanat et conseil chorégraphique : Marion Faure
Production : Vita Nova.
Coproduction : Théâtre National de Bretagne- Rennes, Studio-Théâtre de Vitry-sur-Seine, Le Grand T–Nantes, Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, La Fonderie–Le Mans, ARCADI (Action Régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France).
Avec le soutien du Théâtre de Gennevilliers, Centre dramatique national de création contemporaine, de l’Institut français – Ministère des Affaires étrangères et européennes, du Fonds SACD Théâtre et de la DRAC Ile-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication. Avec le soutien pour l’écriture de Beaumarchais et du CNL.

Tournée (36 représentations)
Du 13 au 17 novembre 2012, création au festival Mettre en scène, TNB–Rennes
Du 18 au 20 décembre 2012 au Studio-Théâtre de Vitry-sur-Seine
Du 30 janvier au 15 février 2014 – T2G–Gennevilliers
Les 26 et 27 février 2014 – Comédie de Valence
Le 4 mars 2014 – Espaces pluriels, Scène conventionnée de Pau
Les 12 et 13 mars 2014 – Théâtre des 4 saisons–Gradignan en partenariat avec le TnBA
Du 18 au 20 mars 2014 – Le Grand T–Nantes
Le 25 mars 2014 – La Coupe d’Or–Rochefort
Les 1er 2 avril 2014 –La Vignece–Montpellier
Les 13 et 14 mai 2014 – Comédie de Béthune

Petits contes d’amour et d’obscurité / Création 2014

Extrait:
Léonard. – S’il revient sans la voiture ses parents vont dire qu’il y a une erreur. C’est pourtant bien ses parents qui l’ont uni au monde. Une fois Jérôme arrivé, ses parents n’arrivaient pas à en finir avec lui. C’est bien ses parents qui l’ont détruit depuis longtemps.
Parce qu’ils sont parents ils ne peuvent rien savoir.
Parce que l’effrayante ignorance qui est la leur a fonction de parent.
Il rit
Et c’est par l’ignorance que sa mère l’a laissé là, parce qu’elle n’est pas éclairée. Et ses parents ne sont pas éclairés parce qu’ils sont condamnés à perpétuité à des nouvelles méthodes d’éducation.
Les gens intelligents sont éduqués dès leur naissance, dès les premiers battements de cils. Mais après… Ce sont nos soi-disant parents qui nous détruisent avec leur ignorance, ils nous détruisent pour la totalité de notre vie future ! Jérôme, ne laisse pas tes parents t’emmener dans des aventures douteuses d’éducation ! Tu n’as pas seulement été mis au monde, mais tu as déjà fini une vie pleine d’horreurs à cause de tes parents ! Il rit Et tu ne sais même pas que tes obsèques ont déjà eu lieu. Fini et bien fini ! Jérôme, si tes parents découvrent le poteau rose, j’ose espérer que tu m’en parleras avant !

Petits Contes d’amour et d’obscurité
Mettre en scène – Rennes – novembre 2014
(photos :Hélène Bozzi)

Petits contes d’amour et d’obscurité / Presse

les Inrocks – Hugues Le Tanneur 12 novembre 2014
La pensée s’envole. Les images se bousculent. Un curieux principe de distraction régit les événements. Comme une dérive en chute libre irradiée de fulgurances, Petits contes d’amour et d’obscurité, dernière création de Lazare présente la texture d’un puzzle dont les éléments en désordre animent un foisonnement luxuriant. Constitué de deux pièces, Les Illisibles et Quelqu’un est Marie, ce spectacle brasse un matériau composite truffé de références au surréalisme, au cinéma (muet et parlant), au théâtre de Feydeau, à l’enfance où domine l’impulsion du sentiment amoureux. (….) Drôle, poétique, ingénieux, ce spectacle très remuant où les scènes se succèdent à bon rythme est interprété avec brio par des comédiens impeccables.
Lazare s’y révèle particulièrement inspiré, à la fois auteur et metteur en scène d’une œuvre dont la fantaisie débridée est un enchantement.

L’humanité, Marie-José Sirach 10 novembre 2014
« Lazare et ses contes pour enfants passages » Avec petits contes d’amour et de d’obscurité, Lazare confirme qu’il est des metteurs en scène les plus atypiques de sa génération. Et des plus intéressants.
Ils avancent pour ne pas tomber. S’accroche comme ils peuvent à la vie, à leur drôle de vie. Gamins présumés coupables. De vivre. Ça ne tourne pas bien rond dans leur caboche(…) Enfant- Chaperon-rouge ; Enfant-Petit-poucet ; enfant-Bambi, enfant-Mowgli, enfant-Pinocchio, les enfants de Lazare avancent à tâtons, poussés par les ailes du désir plus fort que la peur du prédateur. Ils ont un air de famille avec les mômes de Vigo dans zéro de conduite avec le Jean-Pierre Léaud des 400 coups de Truffaut.
Les illisibles, première partie du spectacle, sont suivis de Quelqu’un est Marie. Marie tourne en rond, seule, perdue dans le brouhaha de la ville. Elle vit entourée de fantômes, le sien, celui de son amant un jour disparu. Elle parle dans le vide, percevant l’écho de sa voix qui lui renvoie sa solitude. Entre les deux pièces, rien, pas de raccord, juste les décors déplacés et les acteurs qui repartent dans une autre direction. On les observe se métamorphoser à vue, jouer avec les décors, de grands panneaux transparents, deux énormes cubes, ouverts, fermés, des lianes auxquelles chacun va s’accrocher. Surtout Claire Nouteau, sorte de sa fée clochette qui exécute des mouvements de voltige époustouflants, jouant sur terre comme au ciel, gracile et gracieuse. Avec elle, et dans cette folle embardée, Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Axel Bogousslavsky, Laurent Cazanave, Julien Lacroix et Philippe Smith, tous incroyablement présents, qui donnent chaire à cette galerie de personnages, les rendant vivants, palpables. Pour raconter ces histoires, ces contes à dormir debout pour enfants pas sages, Lazare continue d’explorer la langue, d’en exploser les codes, inventant des métaphores oniriques joyeuses et désordonnées. Pas de boursouflure, pas de moral d’un autre temps, pas de réalisme calqué à tout-va. Tout se mélange. Le réel le dispute à l’imaginaire, le rêve à la réalité. Tout témoigne de visions fulgurantes qui mettent en exergue les non-dits, Les mots cabossés qui se bousculent dans la tête. L’écriture de Lazare, farouche, sensible, syncopée est une partition aux variations dodécaphoniques étrangement familière

Ecriture et mise en scène : Lazare
Avec : Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Axel Bogousslavsky, Laurent Cazanave, Julien Lacroix, Claire Nouteau, Philippe Smith et la participation de Florent Vintrigner ( chanteur du groupe La rue Ketanou)
Lumière : remerciements à Bruno Brinas
Son : Loïc Le Roux
Production : Vita Nova
Coproduction : Théâtre national de Bretagne-Rennes ; Théâtre Liberté Toulon ; Le Granit, Scène nationale de Belfort ; Théâtre des Bernardines–Marseille; Comédie de Saint-Étienne ; Le Grand T, théâtre de Loire-Atlantique ;
Coproduction de la reprise : Studio-Théâtre de Vitry, CENTQUATRE-PARIS ;avec le soutien de H.A.S.Claire Lacombe/ Marseille, le Bois de l’Aune/ Aix-enProvence.

Tournée (28 représentations)
Du 4 au 8 novembre 2014 au Festival Mettre en scène, TNB–Rennes
Du 12 au 14 novembre 2014 : Le Granit, Scène Nationale de Belfort
Du 18 au 21 novembre 2014 : Le Grand T / Théâtre Universitaire – Nantes
Du 27 au 29 novembre 2014 : Théâtre Les Bernardines /Théâtre Joliette Minoterie –Marseille
Du 17 au 19 mars 2015 : Comédie de Saint-Étienne
Du 9 au 10 avril 2015 : Théâtre Liberté–Toulon
Du 7 au 17 juin 2016 : Studio-Théâtre de Vitry-sur-Seine en partenariat avec le 104

Sombre rivière / 2017

Sombre rivière prend pour point de départ deux conversations téléphoniques qui ont fait suite aux attentats du 13 novembre 2015, l’une avec ma mère, algérienne habitant en banlieue, et l’autre avec Claude Régy, grand poète et metteur en scène de théâtre. Quelle étrangeté d’être français d’origine algérienne, ici aujourd’hui. On a l’air d’un monstre hideux pour l’éternité.
L’auteur de théâtre que je suis est pris dans un marécage. Il bouge nerveusement son propre corps là où les cœurs sont pleins d’incendies. Je pourrais dire que Sombre Rivière, c’est d’innombrables étoiles dans la nuit qui émettent des signes pour créer des passerelles et pouvoir faire société ensemble à travers des chants. Pas des champs de blé ni des champs de bataille mais des chants de la vie et des chants du monde.

Sombre Rivière – Théâtre National de Strasbourg – mars 2017
(Photo Jean Louis Fernandez)

Sombre Rivière / Presse

Culture Box –des mots de minuit –France TV-Hugues Le Tanneur24/03/2017
Conjurer la peur, secouer le cocotier, frapper les esprits à grands coups de rires, le dramaturge et metteur en scène se surpasse dans ce spectacle flamboyant entre cabaret enjoué et revue ironique. Mené tambour battant par des comédiens qui chantent, dansent et jouent de la musique, c’est une fête d’au- tant plus joyeuse que sur fond d’inquiétude elle affirme une farouche volonté de vivre.
De certaines personnes, on dit qu’elles ont le vin triste. Lazare quant à lui aurait plutôt le blues joyeux. Le Rtre de sa nouvelle création, Sombre rivière, est emprunté à la tradition noire américaine. Mais si ce spectacle coule de source avec son exubérance débordante, sa mélancolie bariolée de couleurs chatoyantes, son ironie tous azimuts, c’est parce qu’il offre dans un contexte plutôt morose une bouffée d’air frais. Lazare prend le monde à rebrousse-poil et met la réalité cul par-dessus tête. Épaulé par des comédiens hors pair – ils jouent aussi de la musique, chantent et dansent comme de beaux diables –, il reprend les codes de la revue, du cabaret ou du clown pour mieux décocher ses flèches poétiques au fil de séquences qui s’enchaînent à un rythme soutenu quand elles ne se télescopent pas. Car ici on ne s’éternise jamais. On bondit d’un moment à un autre. On interrompt même, si nécessaire, sans se préoccuper de ce qui serait en cours. C’est une telle fête de masques, de costumes et de traits d’esprit qu’on pense parfois à la folle confusion à l’œuvre dans Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare Il y a notamment ce personnage tout droit sorti d’un tableau de Jérôme Bosch à qui l’on demande pourquoi il porte ses fesses par-devant et qui répond que c’est parce qu’il s’est retourné trop vite.
Cette allure à la fois hachée et débridée permet toutes les fantaisies. Comme de suggérer, en passant, la possibilité que nous soyons tous des sans-papiers, des immigrés, des réfugiés… Ce n’est pas le cas bien sûr –enfin, pas pour tous. Il s’agit seulement d’imaginer. Et en poussant plus avant de se demander pourquoi le monde s’affole tant aujourd’hui. Pourquoi la peur domine. Pourquoi ayant perdu tout point de repère certains embrassent les idéologies les plus radicales, de l’extrême droite au djihadisme. Sombre rivière ouvre sur une évocation des attentats de 2015 et 2016. Les mots djihad, Daesh, islam ne sont jamais prononcés. Lazare ne se livre pas à un réquisitoire. Aux idéologies mortifères ou à la haine, il oppose l’amour, l’humour, l’autodérision, une inépuisable vitalité et la force irrépressible de l’imaginaire.(…) Sa parole, démultipliée sous forme de dialogues pétillants d’ironie, assumés par une galerie de perso- nages, dont certains étaient déjà dans ses spectacles précédents, rend compte de l’atmosphère trou- blée de l’époque(…) On y voit aussi bien sa mère, dont le visage rieur projeté sur un écran au-dessus du plateau rayonne d’humanité, que le prophète Jonas en ciré jaune, un quidam en costume de croisé ou encore Frère Tuck, le héros de Robin des Bois. 

On y entame des refrains empruntés, entre autres, à Michael Jackson ou à Blind Willie Johnson. Le tout emporté dans un tel élan que le spectacle se transforme in fine en ode aux puissances de l’imagination envisagées comme antidote à l’asphyxie et à l’aliénation contemporaines. Sans doute y a-t-il quelque chose d’enfantin dans cette aspiration à transformer le cours du monde par la magie du verbe. Mais cette volonté de dépasser une réalité traumatisante et d’aller de l’avant sans se laisser terrasser est loin d’être une réponse anodine face aux menaces actuelles –sachant que celles-ci agissent, comme l’a bien repéré Lazare, pour une grande part sur les esprits. Comme quoi un spectacle peut être à la fois une fête endiablée et aborder non sans culot et avec un grain de folie – des questions graves, confirmant au passage une réflexion notée par Elias Cane. Dans son journal: «Dire le terrible de façon qu’il cesse de l’être; qu’il donne de l’espoir parce qu’il a été dit.»

photos de répétitions Jean Louis Fernandez

Sombre Rivière / Extrait

le Marécage
C’est comme si je passais la serpillière dans le marécage.
Mélange d’instant, de futur et d’hier dans le marécage
Je suis dans l’éternel écroulement sans courage dans le marécage
Je suis comme un singe dans le marécage
Qui se marre en faisant la grimace dans le marécage
Et qui regarde dans le miroir le fond de sa cage
Et si tu veux tout savoir
Je suis en train de me noyer dans le marécage.
Je me suis avancé tout seul dans le marécage
je vois tout ce que j’ai construit autour de moi,
ça s’effrite et s’émiette et ça s’abat sur moi !
Comme des portes sur ma poitrine.
Je suis en train de bruler dans mes murs !
Un bruit de malheur dans les oreilles.
Toi tu connais la guerre…
C’est tout le temps comme ça la guerre…
ça massacre dans le monde entier
C’est ça que tu dis ? C’est pas nouveau !?
Je sais
ça se passe partout !
Partout il y a des paupières qui tombent !
Des gens meurent dans le monde entier pendant que la terre tourne !
ça ne laisse ni répit ni de repos !
ça grince ça gronde ! Mais là
C’est juste en bas de la maison qu’on tut !
C’est juste en descendant !
C’est juste sur ma peau directement !
Ce tourbillon de cendre de feu !
ça pourrait être un ami à moi qu’on a tué ! 
Quelqu’un que j’aime directement !
C’est direct !

Fournis moi du Whisky
Fournis-moi du whisky que j’plane
Que je m’envole sur mon cheval
Car je suis ouvert de corps
Et déraciné de chair
M’appelle la luce
Ma parole c’est le ciel
Et c’est là d’où je chute
Fournis-moi du whisky
Pour réchauffer mon cœur
Que je lacère ma voix
Ma voix est une corde tressée
Pour les survivants
Qui traverse la muraille de la nuit
Fournis-moi du whisky
Pour réchauffer mon cœur
Mon corps est discordant
Ma corde est discordante sur ma guitare
D’un coté le sacré
D’l’autre coté ma cithare
Fournis-moi du whisky
D’un côté le sacré
D’un côté le profane
Capitaliste agent de police
La famille et moi
Qu’est ce que je fais au milieu
D’un côté j’aime les femmes
D’un côté j’aime les hommes
D’ordinaire on étouffe
Tous les désirs interdits
On les ensevelit
Oh fournis-moi du whisky

Ecriture et mise en scène : Lazare
Avec : Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Ludmilla Dabo, Marion Faure, Julie Héga, Louis Jeffroy, Olivier Leite, Mourad Musset, Veronika Soboljevski, Julien Villa. Et Robin Fresson ou Audrey Galley (prise de vue).
Avec la participation de : Ouria, Olivier Martin-Salvan, le cheval Arto et le chien Icaro.
Lumière : Christian Dubet
Scénographie : Olivier Brichet
Son : Jonathan Reig
Costumes : Marie-Cécile Viault
Direction de choeur : Samuel Boré
Vidéo : Lazare et Romain Tanguy
Assistanat : Marion Faure, Anne Baudoux et Laurie Bellanca

Tournée ( 63 représentaRons)
Du 14 au 25 mars 2017 au Théâtre National de Strasbourg.
Du 31 mars au 6 avril 2017 au Nouveau Théâtre de
Montreuil (programmation MC93)
Du 28 avril 2017 au Liberté, à Toulon
Novembre 2017 Comédie de Valence
Novembre 2017 Le grand T, Nantes
Les 2 et 3 octobre 2018 : Comédie de Caen
Du 7 au 9 novembre 2018 : Comédie de Saint Etienne
Du 14 au 15 novembre 2018 : Treize Arches à Brive
Du 21
au 22 novembre 2018 : MC2 de 
Grenoble
Du 28 novembre au 30 décembre 2018 : Théâtre du Rond-Point 

Production : Théâtre National de Strasbourg, Vita Nova
Coproduction : MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis (Bobigny), Le Grand T (Nantes), Le Liberté scène nationale de Toulon, T2G – centre dramatique national de création contemporaine (Gennevilliers)
Avec le soutien de Canal 93 et de la Colline – théâtre national pour les résidences de création

Tribune de Lazare

«Artistes allumez vos lampes d’inventeurs » Télérama le 16/11/2015
Il y a trois jours j’ai tourné des séquences d’un film à Pantin, avec le cheval Arto et Olivier Martin-Salvan. Je savourais le plaisir d’être avec un cheval et un acteur généreux parmi les gamins de Pantin.
Un homme avec tous les signes du religieux est venu me voir et m’a dit : « Ça va être l’apocalypse. » Il savait la catastrophe à venir. Le jour était trop beau et immédiatement dans ma peau j’ai senti ces inquiétudes. Hier soir j’ai pleuré et je me sentais succomber. Des hommes ont tué. D’autres sont tombés sur le sol où palpite le sang, et la vie s’éloigne d’eux, les lèvres entrouvertes sur des dernières paroles d’incompréhension.
Je me réveille ce matin et ces événements se sont réellement passés. Les meurtriers suicidaires sont là, ils font un travail de terrain, minutieux et opiniâtre, dans les quartiers de périphérie, sur Internet. Ils promettent une résolution du monde et des pays lointains originels. Les champs de représentation, la séparation, ils travaillent dessus.

Le rejet, la peur, l’inquiétude, ils travaillent dessus. Et ils déchargent sur d’autres leur angoisse de mort. Et nous ne faisons rien pour les arrêter et nous n’inventons pas les contre-valeurs, chacun depuis notre lieu. La séparation qui est déjà là, ils veulent la creuser, creuser le fossé de cet « être ensemble » séparé, être ensemble par le sang, par le meurtre. Ils s’attaquent à des lieux de représentation, où ils ne sont pas représentés. Artistes, vraiment, allumez vos lampes d’inventeurs. Mettez les yeux en face des cœurs. Entrouvrez réellement votre porte de lumière. Les théâtres de banlieue ont été créés après l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. Qu’y fait ton maintenant? Comment mettre en commun une histoire cachée qu’on ne sait plus articuler ? Elle est enfoncée dans les ventres et elle revient violemment comme un ulcère. En France, dans les théâtres comme ailleurs, on a du mal à se rappeler. Les meurtriers suicidaires vont jusqu’à la mort pour trouver une consolation à la vie. Le seul voyage qui vaille la peine à leurs yeux.

Photo de tournage – Canal Saint- Martin – novembre 2015

Le monde qu’on a pu leur proposer, ce n’est que ça. Alors qu’il y a tout en France. Il y a tout et ils ne rentrent nulle part. Aujourd’hui je pense avec inquiétude à tous ceux, issus de l’immigration, qui ne cessent d’être stigmatisés, inévitablement excédés par la façon dont ils sont perçus. Cette séparation je la sens dans mon corps, par mon histoire. Oubliés des livres d’histoire (l’histoire de la colonisation est encore à faire et à enseigner), on est adoptés par des noires colères, un ultramonde, le monde des théories de la conspiration et des jeux vidéo. Je me souviens, à l’âge de 20 ans, j’étais à la rue, le cerveau plein de flammes d’avoir raté. Plein de désir amer et de rancune, je serrais les poings. Des hommes sont venus me voir. Ils ont bercé mes amertumes. Ils m’ont raconté l’histoire de la guerre d’Algérie et l’horreur cachée. Ils m’ont expliqué qu’on voulait nous changer en bêtes et que notre existence n’avait pas d’importance pour la France. Eux se sont intéressés à moi et m’ont valorisé. Ils m’ont appris à lire. Ce ne sont pas d’abord les hommes de théâtre. Ce fut un effort énorme d’aller vers le théâtre, d’entrer dans ces lieux, d’y trouver une place. J’ai brûlé des fièvres et des douleurs, je me suis construit un corps pour aller vers l’autre. J’ai éliminé des vieux maux qui m’empoignaient. J’ai regardé des spectacles hébété avec des yeux de vache. J’aimais le théâtre comme quand on a faim. Il faut redonner la faim à ces adolescents des quartiers, la faim et l’envie de vivre, d’aimer, d’avoir soif de cet amour. J’appelle autour de moi pour trouver des signes de vie. Je m’agrippe au téléphone, le cœur dans l’oreille, et chaque  battement de voix le fait palpiter.

Je m’appelle Ismaël / Création 2019

Dans le film qui ouvre la pièce, Ismaël est un personnage que la société jugerait « déconnecté du réel », qui marche dans les rues de Paris et de la banlieue, écoute, perçoit, ressent, que la violence du monde agresse et qui, pour ne pas sombrer, réinvente des mondes à partir de ce qu’il vit et voit. Il entrevoit une porte d’où faire jaillir les histoires qui le traversent – et où son imagination n’aurait pas de limites : le cinéma. La science-fiction. Dans le scénario que veut tourner Ismaël, il y a des extraterrestres qui ontété évincés de la  planète « Somax », qu’on a parqués en périphérie urbaine : à quoi peuvent-ils bien servir sur Terre ? Il y a le célèbre psychiatre Alain Melon, qui lance un vaste projet financé par le  milliardaire Hollywood l’intelligence artificielle peut-elle éteindre le désir de passion ?

 Il y a Jésus, le grand libérateur tant attendu, mais qui a la sensation d’être né « vieux », à trente-trois ans. Mais comment faire un film sans équipe et sans moyens et qui paraît, aux yeux de ceux à qui il en parle, « excessivement poétique et surréaliste » ? Le spectacle s’articule en deux temps : un court métrage d’une vingtaine de minutes qui présente la croisade d’Ismaël essayant de faire un film jusqu’à ce qu’un homme le sauve de la noyade. Comme l’homme est blond aux yeux bleus, Ismaël le prend pour le Jésus de son film, son double, son « jumeau dissemblable ». Puis Ismaël disparaît – est-il mort ? Ou parti vivre dans les méandres de son film ? Sur scène, commence alors une enquête : Comment reconstituer ce film qui l’obsédait tant ?

Je m’appelle Ismaël / Presse

Les Inrocks – Hervé Pons(mars2019)
« Créé au Théâtre national de Strasbourg, Je m’appelle Ismaël de Lazare est un magnifique chant d’amour dadaïste. A la croisée de L’Evangile selon saint Mathieu de Pasolini, de La Vie de Jésus de Bruno Dumont et de L’Arabe du futur de Riad Sacouf – mais aussi de L’Empire contre-attaque et de La Soupe aux choux – Je m’appelle Ismaël, la nouvelle création de Lazare, réemprunte une fois encore la quête existentielle de son auteur son mal-être, sa soif de reconnaissance, une manière d’être au monde qui ne soit pas extraterrestre, avec la particularité, cette fois-ci, d’être absolument, totalement dadaïste. »Médiapart – Jean-Pierre Thibaudat / Balagan – Mars 2019
«Sombre rivière» était une première fête après la catastrophe (les attentats), «Je m’appelle Ismaël» est comme une dernière fête avant l’explosion, le pétage de plombs, la folie. Envoyé spécial de Méphistophélès au pays des neurosciences, des disquettes installées dans le cerveau et du protocole l’Aura, le docteur Alain Melon joue un rôle non négligeable. Toujours à manigancer des expériences, toujours la recherche d’une guitare pour composer des chansons impérissables.»

Photos du spectacle au Théâtre National de Strasbourg 
(Jean-Louis Fernandez)

Culture Box- des mots de minuit- France TV info – Hugues le tanneur – mars 2019
D’une poésie échevelée, ce spectacle foisonnant emprunte aux films de science-fiction et à la comédie musicale pour nous entraîner dans une sarabande aussi survoltée que désopilante où défile une galerie des personnages passablement allumés sur fond de complot informatique visant à éradiquer toute passion du cerveau humain.

Je m’appelle Ismaël / Extrait

Jésus: Nos deux regards se croisent.
Je n’y échapperai pas…
je n’échapperai pas aux dimanches froids dans les rues de Pigalle.
Il insiste pour me faire monter dans sa voiture.
Taxicomane : Monte ! monte !
Jésus : Il insiste pour me faire entrer au Bar du cerf !
Là où les strip-teaseuses montrent leur nombril rose dans l’éternelle sphère.
Le Taxicomane : Monte ! monte !
J’ai des prix dans les bars à stript !

Chant du Taxicomane
Emprisonné dans les étoiles du périphérique
Moi je pratique la vision des antiques
Je vois
Ce que vous ne voyez pas
Je roule à l’inverse des lumières
Tu sais moi c’est quoi ?
J’décide
J’ai pas besoin de voir
Je vais où je veux
Hé t’inquiète pas !
Y’a pas d’accident affreux
J’avance sans ouvrir les yeux
Je vois à l’infini
Je peux conduire de Paris à Munich ou en Chine
C’est parce que je vois dans l’obscurité
J’ai pas besoin d’yeux pour voir la vérité
Je suis un taxicomane et je dois rouler

Alain Melon : Vous avez connu Gérard de Nerval ?
Jésus : Oui il promenait toujours avec lui un homard en laisse.
En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? « J’ai le gout des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets, n’aboient pas et n’avalent pas la monade des gens comme les chiens, si antipathiques à Goethe, lequel pourtant n’était pas fou. »
Alain Melon : Oh la la… ça va pas la bourbouille…
Jésus : Ah non pas de la bourbouille ! Nous voulons plus de choulax !

Photos du spectacle au Théâtre National de Strasbourg 
(Jean-Louis Fernandez)

Texte et mise en scène et réalisation Lazare
Collaboration artistique Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Marion Faure,
Scénographie Vincent Gadras à partir d’éléments de la scénographie de Sombre Rivière conçue par Olivier Brichet,
Lumières : Kelig Le Bars,
Son : Jonathan Reig,
Costumes : Léa Perron,
Cheffe opératrice : Audrey Gallet,
Regard chorégraphique et assistanat général : Marion Faure,
Assistanat musical : Laurie Bellanca.
Avec : Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Audrey Gallet, Odile Heimburger, Thibault Lacroix, Olivier Leite, Emile Samory Fofana, Philippe Smith, Veronika Soboljevski, Julien Villa et Marion Faure
Montage films : Lazare, Anne-Sophie Bussière, Jeanne Sarfati
Chefs opérateur – trice·s hors plateau : Nicos Argilet, Balthazar LAB, Thomas Bataille, Robin Fresson, Audrey Gallet, Frédéric Mainçon, Ludwik.
ingénieur son : Matthieu Perrot
Production : Théâtre National de Strasbourg, Vita Nova
Co-production : T2G − Théâtre de Gennevilliers | Théâtre National de Bretagne | Le Grand T − Théâtre de Loire-Atlantique |Le Liberté − Scène nationale de Toulon | Maison de la Culture d’Amiens
Le texte a reçu l’aide à la création du Centre national du Livre

Je m’appelle Ismaël (35 représentations)
Du 28 février au 9 mars 2019 au théâtre national de Strasbourg
Du 21 mars au 1 avril au Théâtre 2 Gennevilliers
le 3 mai 2019 : Le Liberté – Toulon
Du 4 au 8 juin 2019 – Théâtre de la ville de Paris – les Abbesses
Du 21 au 23 novembre 2019- Le Grand T à Nantes
Du 27 au 29 novembre 2019 – Théâtre national de Bretagne
Les 3 et 4 décembre 2019-Maison de la culture d’Amiens
Le13 décembre 2019 – Le Préau CDN de Vire

Je m’appelle Ismaël / Le Film

Pourquoi écrire un film ?
La première fois que j’ai été au cinéma, c’était pour voir
E.T. l’extraterrestre de Steven Spielberg. Je devais avoir 7 ans, c’était ma sœur qui m’accompagnait. Quand je le vis, je me mis à hurler plus fort que les autres enfants qui, eux, riaient. Ma sœur avait honte. Mais ce personnage, pour moi, était comme un nouveau dieu. Il me ressemblait, à cause de mes yeux globuleux, aussi parce qu’il veut retourner « à la maison », sur sa planète, et que chez moi on mangeait du couscous et je ne savais pas où était « la maison ». 

Dans ma famille on a toujours pensé qu’on était adoptés à cause de nos visages différents. Ma sœur a le nez épaté, on ne sait pas d’où cela vient…On cherchait donc, sur les cartes du monde de quels pays on pouvait bien venir, comme sur une carte des étoiles. Je m’imaginais les constellations dont venaient mes parents qui n’étaient pas la France. E.T. m’a donné le goût des champs de maïs de soleil de l’Amérique, de mon existence hollywoodienne comme héros du futur. Je n’ai pas été beaucoup au cinéma lorsque j’étais enfant. Je n’ai pas non plus appris à jouer aux jeux-vidéos comme la plupart des garçons de ma génération. Puis, tout jeune adulte j’ai du me préoccuper de ma survie et je n’avais que rarement l’occasion de voir des films. Aujourd’hui, chaque fois que je vois un film, c’est comme si je voyais la naissance du monde. Quand j’ai découvert Tarkovski à 19 ans j’ai cru que j’allais tomber malade.

Film Je m’appelle Ismaël:

avec Lazare, Thibault Lacroix, Ouria, Clara Ponsot, Philippe Smith, Julien Villa, Mourad Musset, Jean-François Perrier, Axel Bogousslavski, Vincent Brousseau, Abdel Lamrani, Nathalie Kousnetzoff, Alain Fride, Julie Hega, Olivier Martin-Salvan, Cécile Massinéo, Bernard Traversa, Deila Vogur , Alexandre Michel, Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Olivier Leite, Emile Samory Fofana, Isadora
Chefs opérateur·trice·s : Nicos Argilet, Balthazar Lab, Thomas Bataille, Robin Fresson, Audrey Gallet, Frédéric Mainçon, Ludwik P
Ingénieur son : Matthieu Perrot
Remerciements pour le tournage du film à la mairie de Bagneux, au Cinéma le Louxor à Paris, et à la Cité Internationale des Arts de Montmartre.
Avec l’autorisation de la Préfecture de Police de la ville de Paris pour le tournage du film.

Cœur Instamment Dénudé / Création - 2021 - 2022

La sublime Psyché est aux prises avec Cupidon et Vénus. Au fil d’une plume poétique et flamboyante, l’auteur et metteur en scène Lazare réinvente le mythe et cherche, dans le monde qui advient, des lueurs d’amour et de liberté, pour que nous recommencions à rêver. Constellée de visions, mêlant sublime et grotesque, mythologie et futur,
Cœur instamment dénudé veut conjurer la tristesse et l’angoisse générées par un monde sans dieu, absurde et mercantile. En permanentes métamorphoses, les comédiens déploient un jeu incandescent porté par le rythme des mots et la musique jouée en direct sur scène. Pour résister à nos modernes servitudes, le théâtre est ici conçu comme une célébration, joyeuse et turbulente, d’une vie irriguée par l’imaginaire et la couleur des songes.

Cœur Instamment Dénudé, Photo: JL Fernandez

Cœur Instamment Dénudé / Presse

  • Vive cette jeunesse endiablée, vive cette poésie syncrétique et vive ce déluge de sons, d’acrobaties, de chansons et de danse. Coeur instamment dénudé s’impose comme le remède idéal à la sinistrose ambiante ; un feu d’artifice dont les explosions resteront longtemps gravées dans la mémoire.
    Igor  Hansen-Love, Sceneweb
  • Sans aucun doute, avec Lazare, le théâtre respire davantage même s’il nous laisse à peine le temps de reprendre notre souffle.
    Eric Demey, Transfuge
  • Il est rare d’être ainsi déplacé au point de ne pas savoir ensuite l’expliquer. On peut alors simplement témoigner de ce qui nous a traversé : un vent furieux dont les dimensions et la puissance semblaient dépasser largement celles du théâtre. Une réjouissance infinie, inespérée. 
    Nicolas Thévenot, Un fauteuil pour l’orchestre
  • Dans un spectacle réjouissant d’inventivité, qui renoue avec la vitalité brute de Au pied du mur sans porte, Lazare refait (comme le souhaitait Barthes) du mythe une « parole » de l’instant, c’est-à-dire tout le contraire d’un discours : une histoire en acte et en corps.
    Pierre Lesquelen,  I/o La Gazette des festivals

Cœur Instamment Dénudé,
Photo: JL Fernandez

  • L’écriture de Lazare, onirique, est truffée de saillies poétiques qui explosent à chaque instant. Il détourne Molière, se réfère un coup à Ronsard, un autre à Brecht, multiple les clins d’oeil aux contes, Blanche- Neige, Cendrillon, Peau d’Ane, Alice au pays des merveilles.. à la chanson. Sa Psychéest unique elle est la mémoire de toutes les héroïnes passées et à venir. Une miss Catastrophe qui se fait lâcher par tous mais ne lâche rien, même dans sa descente aux enfers. Elle est l’incarnation d’un monde à inventer, laissant les dieux et les frangines à leur ancien monde libéral et cupide. » « Lazare orchestre rythmes et rimes, dynamite, dépoussière ce vieux mythe et signe une mise en scène époustouflante, bouillonnante, qui déborde de vie et de fantaisie
    Marie-Joe Sirach. l’Humanité
  • Les jeux de l’amour et du Lazare qui a trouvé une forme qui convient parfaitement à ses débordements : la comédie musicale…Une heure quarante de pareille échappée ça ne se refuse pas !
    Mathieu Perez Le canard enchainé

Cœur Instamment Dénudé / Extraits

Allume ta lampe une nuit dans le sommeil
Pour dépouiller son visage de l’insoluble
Pour voir dans quelle tristesse il t’emmène
Dans quel monde au vent mauvais
Son visage doit être rouge du mal qui t’a clouée
Tu ne fais rien de la journée ?
Tu restes sur une chaise ?
Mais on s’occupe de toi
On te met à l’aise
Tu montes dans des voitures
Et à l’arrière des mains invisibles te massent
Il doit s’appeler Édouard
Et doit être un crabe
Ou bien un crapaud
sorti d’un cocotier
Il n’a pas de poil ?
Exactement ma sœur
On ne voulait pas te le dire au début
Mais c’est sur maintenant
Tu es avec un allemand en pleine guerre
Avec une grenouille malade
Avec un salaud plein d’argent
Avec un migrant voleur
Avec un arabe répugnant et paumé
Comment il embrasse ?
Il embrasse comme ça ?

Oh l’homme invisible
Bien sur tu es mariée avec l’homme invisible
Et tu n’es pas honteuse de t’exhiber comme ça ?La nuit nue dans un château ?
Qu’as-tu donc fait pour acquérir cette couronne ?
Oh la la toute la marchandise qu’il a dû voler
Il a dû faire du mal pour arriver la
Il a dû voler des roubles et se perdre dedans
Il a dû tuer son frère et brûler son double
Le suicider
Tu ne vois pas ses pieds ?
C’est qu’ils doivent être tordus
Tu ne vois pas son cul ?
C’est qu’il doit être crochu
A qui appartiens-tu Psyché ?
Ton amour n’est pas réel
Toi tu vois des fleurs et des animaux
Mais lui semble se manifester dans le mal
Un mal routonnier
Rotonnier
Retonnier
Heu… Routinier

Texte, mise en scène et scénographie : Lazare 
Avec :  Anne Baudoux, Ava Baya, Laurie Bellanca, Ella Benoit, Paul Fougère, Louis Jeffroy, Loïc Le Roux, Veronika Soboljevski  
Collaboration artistique : Anne Baudoux
Assistanat général et conseil chorégraphique : Marion Faure
Création musicale coordonnée par : Laurie Bellancandre Tharaud et Véronika Soboljevski avec Louis Jeffroy, Ava Baya, Ella Benoit et la participation de Paul Fougère, Loic Leroux Création sonore : Jonathan Reig
Création lumière : Kelig Le Bars
Scénographie Olivier Brichet :
Costumes : Virginie Gervaise
Direction technique & Régie générale : Bruno Bléger
Administration & production : Olivia Bussy
Production : Théâtre National de Strasbourg, Vita Nova

Cœur Instamment Dénudé
Photo: JL Fernandez

Coproduction : MC93 –Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production, Théâtre National de Bretagne – Centre européen Théâtral et Chorégraphique, Théâtre des 13 vents – Centre dramatique national Montpellier, Le Grand T – Théâtre de Loire- Atlantique, Comédie de Caen – CDN de Normandie
Avec le soutien du Fonds SACD Musique de Scène, de la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon – Centre national des écritures du spectacle, de la Fonderie-Le Mans, avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
Dates  de représentations:
Du 11 au 22 janvier 2022 au Théâtre National de Strasbourg
Du 23 février au 3 mars 2022 à la MC93 à Bobigny
Du 9 au 11 mars 2022 au Grand T à Nantes

Danses & Improvisations

Les chambres de hasard / Du griot au slameur / Autres improvisations 2006-2010

C’est au moment où je suis le plus éloigné de la scène que je pense le plus à ce qui constitue le théâtre. En 2005 j’avais pas mal de temps devant moi et je me demandais toujours comment faire entendre mes textes, j’avais le choix entre plusieurs formes d’écritures. La multiplicité et la complexité de ces formes m’envahissaient et je marchais avec elles dans la rue ; je rencontrais les musiciens Fantazio et Benjamin Colin à un tournant du chemin, ils m’invitèrent à dépouiller mon poème sur leur scène. Je me servis de mon corps, mon corps rentra dans un mouvement, ce mouvement répondit à des fictions, les fictions ouvraient des espaces scéniques… Mon corps porte des fictions, ce corps est un corps de l’imaginaire qui porte l’histoire, qui porte son histoire. 

Lazare et Benjamin Colin- Festival Jazz Nomades 
la voix est Libre – Bouffes du Nord 2007
(photo Hélène Bozzi)

Cœur Instamment Dénudé
Photo: JL Fernandez

Au départ fut le verbe ? Non ! Au départ fut le silence, et un déborde- ment volcanique. La lave prend et recouvre les formes, surtout les formes préétablies. En tant qu’acteur, par- fois, ma nature vibrante souffrait, j’en avais assez de ce théâtre qui réduisait la passion à un état logique. Je n’avais de cesse de chercher la forme d’expression qui me convenait le mieux. La pensée avance avec la sensation, la pensée n’existe pas sans le rêve et la sensation – « Au départ fut le verbe » : une horreur ! Au départ fut le souffle… le geste, l’acte, et le faire.

Festival Jazz Nomade – La voix est libre
théâtre des Bouffesdu Nord à Paris : éditions 2006, 2007, 2008
FesSval d’automne en Normandie : éditions 2008 et2011
Du griot au slameur (fondation Royaumont)
Tournée franco- malienne – 2008/2009

L’éclosion des gorilles au cœur d’artichaut / Création 2017

Sujets à vif, avec la SACD – Festival d’Avignon 2017

Performances sur le vif des auteurs 8 AU 14 JUILLET et du 19 AU 25 JUILLET.

JANN GALLOIS danseuse chorégraphe et LAZARE auteur, acteur.

À l’extérieur, il y a deux corps disproportionnés, deux voix dissonantes, deux univers lointains.

À l’intérieur, les sensibilités convergent : elles se découvrent de la même taille prêtes à foncer, à dériver, à chavirer même, si possible.

Toujours curieuses, parfois sauvages, les âmes ondulent sur leurs jambes dans une jungle d’émotions.

Répétition Jardin de la Vierge – lycée Saint Joseph- Avignon photo: sacd

Conception et interpréta>on : Lazare et Jann Gallois
Production : Vita Nova Compagnie BurnOut
Coproduction : SACD, Festival d’Avignon

Eros en confinement / Création 2020

Presse : Toutelaculture.com par Amélie Blaunstein
« Eros en confinement, les corps à corps clownesques et les folies amoureuses de Jann Gallois et Lazare au Théâtre de la Ville. En 2017, le comédien le plus fou qui soit, Lazare, est invité par la SACD et le Festival d’Avignon à penser un Sujet à vif avec la meilleure danseuse qui soit : Jann Gallois. Trois ans et un confinement plus tard, nous les retrouvons, toujours en plein air, toujours près d’un arbre et toujours bien accrochés l’un à l’autre (…) Toute la performance est une allégorie de l’amour du spectacle, de celui qui « boue l’écorce de la vie ». La liberté est bien là, bien encadrée par une structure solide. Les inversions permettent des pas de deux jubilatoires et encastrés. Toutes les expressions de l’amour sont incarnées dans la performance : « être accroché à quelqu’un », « tomber amoureux », « perdre la tête » (ou le nez, tiens, pour Lazare qui, hier, aura foncé un peu trop voracement sur l’arbre !) et, bien sûr, «avoir le cœur qui s’emballe ». Et c’est Louis Jeffroy qui s’occupe de ce point. Sa batterie posée sur l’herbe en pente, le musicien accompagne les deux clowns en route vers un avenir radieux. C’est absolument délicieux. »

Un été Particulier – Ville de Paris, Vita Nova
Performances de Lazare et Jann Gallois accompagnés à la batterie par Louis Jeffroy
Parvis de l’Espace Cardin (Théâtre de la Ville)
Du 22 au 30 août 2020

Parvis de l’Espace Pierre Cardin, Août 2020

Conception: Lazare
Interprétation : Lazare, Jann Gallois, Louis Jeffroy
Production : Vita Nova, Ville de Paris

Rencontres et Education Artistique

Rencontre, éducation artistique et formation professionnelle

Le processus de création – une expérience partagée
Désireux de transmettre sa pratique aux nouvelles générations, Lazare intervient à l’Ecole du Théâtre National de Strasbourg auprès des élèves acteurs, régisseurs et scénographes (groupes 42 , 44 et 46) ainsi qu’au CNSAD. Lazare et les artistes de la compagnie Vita Nova proposent également des ateliers de pratiques artistiques (en centre d’hébergement d’urgence pour demandeurs d’asiles, hôpital de jour, école d’éducation prioritaire, lycée…) et autres rencontres avec les publics.

En 2015, Lazare inaugure la TROUPE AVENIR au Théâtre national de Strasbourg, une immersion dans le monde du théâtre pour 20 jeunes de 16 à 25 ans venant de tous horizons sociaux culturels et n’ayant jamais eu l’occasion de découvrir cette pratique artistique (voir photo ci-contre).

Atelier hebdomadaire de la Troupe Avenir avec Lazare et Olivier Leite;
Photo: JL Fernandez

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Vita Nova c/o Philippe Ulysse – Bât H
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