Olivier Olgan
20 mai 2026
Lazare charrie sa Révolution en éclats de miroir et espoirs brisés. Rarement depuis Mouchkhine et Savary, la Révolution française n’avait été embrassée par un tel souffle ! Avec L’Avenir des reflets, première création d’une nouvelle trilogie La Comédie du mauvais sang, Lazare s’en saisit pour la faire exploser en éclats de mémoire, de mythes et de fictions, comme autant de miroirs tendus à notre présent.
Nicolas Thevenot 24 mai 2026
L’avenir des reflets, texte et mise en scène de Lazare, à La Colline
Quand l’époque est aveugle, ne voit pas plus loin que le bout de son nez, L’avenir des reflets use magnifiquement de la longue-vue. La poésie de Lazare ouvre une perspective, en lignes brisées, biseautées, affutées, plongeant jusque dans le « cœur instamment dénudé », pour reprendre le titre d’un précédent spectacle de la compagnie Vita Nova, de la Révolution Française.
Louis Juzot
20 mai 2026
L’Avenir des reflets, texte et mise en scène Lazare. C’est inattendu, Lazare nous entraine dans les évènements et les visages tutélaires de la Révolution française, s’écartant de ses thèmes de prédilection à consonances autobiographiques, enfant d’émigrés algériens qui posait crument les paradoxes et les non-dits de la France d’aujourd’hui.
Waheb Lekhal
26 mai 2026
L’Avenir des reflets, de Lazare, à La Colline Lazare, auteur et metteur en scène, monte à La Colline une épopée intime des grandes figures de la Révolution française. Un enchaînement millimétré de séquences d’une grande force visuelle et musicale où résonnent, souvent avec humour, les combats contre l’injustice. Trop dense et long sans doute, mais virtuose.
Callysta Croizer
20 mai 2026
Spectacle : Lazare soulève La Colline Au Théâtre de la Colline, l’auteur dramatique et metteur en scène dévoile « L’Avenir des reflets ». Première pièce d’un nouveau cycle théâtral, la création propose une traversée révolutionnaire inventive mais pléthorique.
L’Avenir des reflets Théâtre Lazare Avec énergie et espièglerie, de célèbres figures de la Révolution française traversent le temps pour mieux questionner notre époque. Olympe de Gouges et Jean-Paul Marat figurent au cœur de la nouvelle création de Lazare, qui suit une galerie de personnages bien connus de la Révolution française.
Des jambes pour une sirène, texte et mise en scène Lazare, collaboration artistique et musicale Laurie Bellanca. Avec Laurie Bellanca, Anaïs Defay, Louis Jeffroy, Léa Quinsac.
Lazare a repris scrupuleusement les péripéties du conte d’Andersen, La Petite Sirène, mais en le détournant de son sens moral et en l’adaptant au contexte actuel de la pollution des océans. Il l’entraine dans une quête de la liberté et du désir de vivre, pleine d’obstacles, mais résiliente et dédiée au pouvoir juvénile de ré-enchanter le monde……… La suite par ici
L’auteur et metteur en scène Lazare s’adresse pour la première fois au jeune public et revisite – en le chamboulant et en musique – le conte d’Andersen La petite sirène.
« Pour moi, la petite sirène est un personnage qui a envie de rencontrer des mondes différents du sien, d’aller à l’aventure. Elle porte l’espoir de l’amour comme une lumière qu’on cherche à trouver. Elle quitte donc sa famille pour un monde où elle n’aura plus la parole mais, malheureusement, elle rencontre un marin qui, lui, a été éduqué à la séparation des mondes et à conquérir la mer……. La suite par ici
Article de Denis Sanglard
Réécriture de la petite sirène, cette création est un petit bijou de théâtre pour enfant, intelligent et surtout pas gnangnan. L’auteur et metteur en scène Lazare ne retranche rien des thèmes qui traversent ce conte initiatique, le passage à l’âge adulte, les désillusions de l’amour. Seulement il y met sa patte singulière, une écriture poétique qui prend souvent le large, changeant de cap brusquement, tempétueuse et qui vous éclabousse, une réflexion sur notre monde contemporain……. La suite par ici
Présenté aux Plateaux Sauvages en partenariat avec le Théâtre de la Ville – Paris dans le cadre du Parcours Enfance & Jeunesse, Des Jambes pour une sirène marque un pas de côté chez l’auteur et metteur en scène Lazare qui se confronte, une fois n’est pas coutume, au jeune public, en adaptant à sa sauce, épicée bien évidemment, le célèbre conte d’Andersen, La Petite Sirène.
C’est à quelques jours d’écart que nous découvrons deux adaptations d’un même conte,……. La suite par ici
Lazare réinvente le mythe de Psyché dans Coeur Instamment Dénudé. Jeune mortelle, Psyché est si belle que Vénus, jalouse en diable, demande à son fils Cupidon de lui décocher une flèche afin qu’elle tombe amoureuse d’un sale type.…… La suite par ici
Le coeur de Lazare bat la chamadeLe metteur en scène Lazare revisite le mythe de Psyché dans Cœur instamment dénudé, créé au Théâtre National de Strasbourg avec une troupe endiablée qui porte haut sa poésie syncrétique. Un spectacle décapant…… La suite par ici
Lazare au paradis perdu des cœurs mis à nu. Lazare et son grand orchestre escaladent le mont Vénus. Psyché manie le piolet, Cupidon porte les crampons. Nom de code : « Cœur instamment dénudé, 1re époque ». Du Lazare pur jus. Allez hop !…… La suite par ici
Lazare brise les mythes, pas les cœurs. Dans Cœur instamment dénudé, sa troisième création au Théâtre National de Strasbourg, Lazare s’empare des Métamorphoses d’Apulée pour inventer l’émancipation de la jeune Psyché. Et creuse ainsi le sillon d’un théâtre baroque….. La suite par ici
Lazare reprend Cœur instamment dénudé au Grand T. Dans Cœur instamment dénudé, Lazare, artiste associé au Théâtre National de Strasbourg, adapte à sa manière le mythe de Psyché. Du théâtre musical touffu et débridé……. La suite par ici
jean-pierre thibaudat / Journaliste, écrivain, conseiller artistique
« Je m’appelle Ismaël » est le titre de la nouvelle pièce de Lazare (si, si, le pote à Jésus) qu’il met en scène en retrouvant ses compagnons victorieux de « Sombre rivière » et le renfort de nouvelles recrues. Un spectacle explosif et explosé, plein de mots, de fureurs, de musiques, de danses et d’extravagances…… La suite par ici
L’espace de création existe en chacun, comme toutes les possibilités d’existence non encore advenues, non explorées, mais présentes et vivantes à travers les rêves, telle est la réflexion philosophique et citoyenne de Lazare, auteur et metteur en scène de Je m’appelle Ismaël, artiste associé au théâtre National de Strasbourg….. La suite par ici
ƒƒ article de Nicolas Thevenot « Un Fauteuil pour l’orchestre »
Présenté comme un projet hors-norme, parce qu’il embrasse l’art cinématographique, la musique et le théâtre, Je m’appelle Ismaël l’est aussi par l’énergie combative qu’il déploie pendant presque trois heures…. La suite par ici
D’une poésie échevelée, ce spectacle foisonnant emprunte aux films de science-fiction et à la comédie musicale pour nous entraîner dans une sarabande aussi survoltée que désopilante où défile une galerie des personnages passablement allumés sur fond de complot informatique visant à éradiquer toute passion du cerveau humain…..La suite par ici
Un sublime bazar chanté, dansé et joué ! « Sombre rivière ». Une pièce ? Bien plus que cela. Servie par une équipe phénoménale, une œuvre accomplie où la musique, la danse et la profération rivalisent de complicité. Un éblouissant spectacle-somme.
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Sombre Rivière, dernière création de Lazare, s’annonce comme la clôture des spectacles précédents, dessinant dans le même temps une ouverture vers un nouveau cycle.
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Lazare et sa compagnie Vita Nova chantent pour mieux voir l’avenir. Une création chavirante, où l’auteur-metteur en scène Lazare et sa bande nous entraînent, au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, dans la musique et le chant. Quand l’angoisse face la folie du monde fait place à l’espoir…
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Le vivre ensemble coule de source. Lazare, artiste associé au TNS, passe le monde au crible de son imaginaire et de ses convictions.
Sombre rivière, théâtre emporté. Lazare, artiste associé au TNS, a écrit un texte poétique et engagé pour dire ce qui ne va pas dans la société et ses routines et ouvrir grand les portes du monde qui nous entoure.
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RUE89, Jean-Pierre Thibaudat, décembre 2012
«Les pièces de Lazare ne sont pas construites en actes, mais en visions. Pas de logique narrative terre à terre, pas d’explications. Chaque séquence est porteuse d’énigmes comme le sont les poèmes. Les pièces avancent par agglutinations, bifurcations et sauts dans le temps.Tout regard est un miroir. Le passé, toujours, revient, la famille vit avec ses morts. Les mises en scène de Lazare creusent les ressacs, les gouffres et les échappées de ses textes avec une imagination scénique débordante. L’acteur est un porteur de valises. Les premières de ses spectacles sont saturées de propositions (une à la seconde) surprenantes, qui trouvent leur élasticité dans le temps. »
TÉLÉRAMA, Emmanuelle Bouchez, 22 janvier 2012
Jeune auteur metteur en scène repéré au Festival Impatience (Odéon-Télérama), Lazare continue d’inventer des destins pour Libellule, son personnage-valise. D’abord adulte se souvenant de son enfance en Algérie (1945)dans Passé–je ne sais où, qui revient, Libellule devient ici un enfant inadapté scolaire et social dans une banlieue en déroute. La figure de la mère est encore là, avec sa syntaxe tronquée d’où fusent des mots précis, interprétés par la même Anne Baudoux à la voix si prenante. La mise en scène de Lazare est à la mesure de son écriture directe : faite d’images sans fioritures, d’ombres, d’éclats de percussion. C’est un conte qui commence dans une cour d’école et finit dans une cave. Pas d’issue, pas de porte dans le mur..»
LE MONDE, Fabienne Darge, 10 novembre 2011
«Au début d’Au pied du mur sans porte, Libellule a 7 ans. Il a un retard d’école, comme dit sa mère, porte un cartable plus grand que lui et d’énormes lunettes qu’il perd sans cesse, tout étourdi qu’il est, comme sa Carte orange et ses habits. Les jours de pluie, il s’égare dans les flaques, où il rencontre son jumeau mort avant d’être né, le Double. […] Libellule a 15 ans, puis 17, il entre dans la ronde formée par JR, le dealer, le Policier (ainsi nommé) et les amis perdus par la drogue, Le Criquet ou Loula. Il a abandonné l’école, la maison, tout, quoi, et se dit qu’il est un Français sans France. On ne racontera pas ce qu’il advient alors, dans ce spectacle où les peintures inspirées d’ex-voto mexicains, les – vrais – dessins d’en- fants, le travail sonore étrange et délicat de Benjamin Colin composent un univers qui ne ressemble à aucun autre. […] Lazare, donc, un garçon que le prénom destinait à revenir d’entre les morts, et qui n’a voulu garder que cette identité visible. Il a bien trouvé la porte au pied du mur, avec son théâtre salvateur, qui cherche à ouvrir les carapaces humaines pour nommer le monde de manière sensible. »
LIBÉRATION, René Solis, 20 janvier 2011
« Au pied du mur sans porte est un spectacle refondateur, dont on sort avec la sensation d’avoir entendu et vu quelque chose qui ne ressemble à rien de familier. Non que la trame soit : il est question de l’itinéraire de Libellule, un gosse de banlieue élevé par sa mère.. Éducateurs, dealers ou flics, tous les personnages d’un théâtre de la cité (Lazare a écrit sa pièce après être retourné dans un quartier de Bagneux qu’il connaissait bien) sont là. Pas une trace de parler caillera, nulle pulsion hip-hop rap ou slam, ni l’ombre d’un discours militant, la banlieue de Lazare est une réinvention qui n’emprunte à aucun folklore. […] Le dernier mot revenant à Libellule, l’enfant bigleux devenu dealer avant de prendre la fuite, qui cite Hamlet et Les Trois Sœurs, sans même qu’on le remarque : Qui voudrait supporter ce que nous supportons / Partir partir partir une bonne fois pour toutes. »
L’HUMANITÉ, Marie-José Sirach, juillet 2013.
« Lazare est un ovni dans le paysage théâtral. Il réinvente la langue, l’illumine de mille fulgurances, casse le tempo, bouscule les rythmes, éclate la scansion. C’est une langue bien vivante, truculente, qui roule des mécaniques mais recèle des visions poétiques, oniriques en des endroits inattendus. Elle vit, palpite, respire, souffle, crache, témoigne du bruissement de l’humanité, des éclats du monde qui nous parviennent par bribes. Auteur, il est aussi le metteur en scène. Maître d’œuvre, il met en mouvement ce tourbillon de mots, de notes et de corps avec la précision des plus grands. C’est culoté, gonflé, osé et joyeux. Le travail sur le plateau s’impose et disparaît comme l’évidence. Les acteurs et musiciens sont animés d’une douce folie qui les propulse dans cette aventure singulière, étrange et bouleversante. Lazare, c’est le Basquiat du théâtre. Il graffite le verbe comme le peintre américain les trottoirs de New York. Laissez passer les libellules… »
Studio Théâtre de Vitry / PETITS CONTES D’AMOUR ET D’OBSCURITÉ. Le surprenant Lazare, auteur et metteur en scène particulier dans le paysage théâtral actuel, monte Petits contes d’amour et d’obscurité et gronde contre les pouvoirs établis.
Deux contes de la folie ordinaire par l’imprévisible Lazare. « Les oiseaux, pourquoi je ne suis pas comme eux ? » demande Jérôme dans « Les Illisibles », la nouvelle pièce de Lazare, laquelle avec « Quelqu’un est Marie », autre courte pièce, constitue la matière de son nouveau spectacle : « Petits contes d’amour et d’obscurité.
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A Rennes, un festival de fulgurances par Hugues Le Tanneur. Premiers temps forts de cette nouvelle édition de Mettre en scène avec trois créations particulièrement réussies signées Lazare, Judith Depaule et Chloé Moglia
Lazare et ses contes pour enfants passages. Avec “Petits Contes d’amour et d’obscurité”, Lazare confirme qu’il est des metteurs en scène les plus atypiques de sa génération. Et des plus intéressants.
Choisissant un titre qui évoque les deux pays séparés, la France et l’Algérie, Lazare construit un spectacle autour de la mort du père, des mots de son absence et de ceux de la violence.
On avait laissé Lazare Au pied du mur sans porte à L’Echangeur de Bagnolet, le revoici au T2G avec Rabah Robert, dernier volet de la trilogie entamée avec Passé-je ne sais où, qui revient.
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AVEZ-VOUS compris quelque chose? » Demande cette spectatrice rieuse à la sortie de « Rabah Robert. Touche ailleurs que là où tu es né », titre aussi beau qu’énigmatique. Et de se rassurer: « Le metteur en scène m’a dit que ce n’était pas grave si on n’y comprenait rien.
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Lazare persiste et signe avec lʼultime volet de son triptyque : « Rabah Robert ». Volent en éclats la langue, la fable, les personnages. Un spectacle énergique, poétique et déconcertant sur les trous de lʼhistoire dans les rapports entre la France et lʼAlgérie. Radical.
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Le théâtre déflagration de l’univers de Lazare
«Avec Rabah Robert Lazare clôt un triptyque débuté en 2008, une aventure théâtrale où la langue, le
corps reconstituent le récit d’une histoire sans nom.
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Passionné et habité par le Théâtre, avant d’être auteur dramatique et metteur en scène, Lazare pourrait se définir comme poète. Amoureux du vers et de la pensée, il place le langage et la parole au cœur de son travail.
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Histoire de famille et de Guelma, massacres oubliés / Par Jean-Pierre Thibaudat Créé 02/13/2009
Dans le sas où attendent les spectateurs avant d’entrer dans la salle, des feuillets épars sur des tables basses. J’en saisi un : « Guelma, 8 mai 1945 » est son titre. Le titre d’un livre.
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Lazare. Un nom qui porte, et qui destine sans aucun doute celui qui le porte. Un nom qui applelle plusieurs vies, et la renaissance, de l’une de l’autre.
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Massacre et mascarade – Samuel Wahl
Gelma 8 mai 1945 : au moins 20 000 probablement 30 000 Algériens insurgés sont tués par des Européens, en temps de paix.
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Bruno Tackels – Revue Parage – avril 2018 –
(….) Toute la prose de Lazare, brute et savante à la fois, est tombée au milieu, entre ces deux mondes, déracinée, et dont la survie repose sur une incroyable volte-face
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Le rebond de Lazare, auteur et metteur en scène «Nous avons travaillé dix ans comme des fakirs» Didier-George Gabily. Il est impossible que je puisse dire tes yeux puisqu’on ne se connaît pas.
Poète improvisateur et dramaturge, Lazare et n’a de cesse d’écrire. La diversité deschamps explorés insuffle à ses pièces qu’il met en scène une proliférante et singulière liberté formelle.
Le poète et le directeur :
Farce ou rêverie cauchemardesque
J’entre dans son bureau. Je reste debout devant lui. Il est fort à l’interieur de ses lieux. Ilparle en chuchotant pour que je tende l’oreille vers lui.
Il a déjà témoigné pour “Télérama” sur le rôle du théâtre dans sa vie. Lazare, poète-metteur en scène, désormais associé au Théâtre National de Strasbourg, écrit à nouveau une tribune pour mettre des mots sur l’horreur.
Le directeur de la compagnie Vita Nova produit un théâtre aussi chaotique qu’enchanteur. Il s’interroge, dans une tribune-poème, sur la place des jeunes d’origine étrangère en France et sur les planches.

Les Echos Week-End mercredi 20 mai 2026
Spectacle : Lazare soulève La Colline.
Au Théâtre de la Colline, l’auteur dramatique et metteur en scène dévoile « L’Avenir des reflets ». Première pièce d’un nouveau cycle théâtral, la création propose une traversée révolutionnaire inventive mais pléthorique.
« Ah ça ira, ça ira, ça ira ! » Lazare fait monter les voix de la Révolution française sur les hauteurs de la Colline. En créant « L’Avenir des reflets », l’auteur et metteur en scène inaugure un nouveau cycle de création baptisé « La Comédie du mauvais sang ». Porté par de formidables interprètes choristes et instrumentistes, ce premier opus déroule une fresque transhistorique riche d’inventions musico-choréo-dramatiques, quitte à se laisser submerger par ses élans narratifs.
A la croisée des temps historiques et mythiques, la pièce s’ouvre comme un conte, où une fée distribue les dons et les vices aux nourrissons qui deviendront les acteurs et actrices de la Révolution. S’il convoque une multitude des noms connus des manuels d’histoire – La Fayette, Robespierre et Danton, entre autres -, le récit est centré sur les personnages de Jean-Paul Marat et d’Olympe de Gouges.
Tenues dans l’ombre de l’historiographie, ces deux figures passionnées par l’art de l’écriture prennent ici la plume et la parole. Le premier, médecin et auteur que Denis Lavant incarne entre le savant fou et l’artiste incompris, diffuse ses idéaux révolutionnaires dans son journal « L’Ami du peuple » ; la seconde, dramaturge et metteure en scène, combat la misogynie de ses homologues masculins pour défendre les droits des femmes et l’abolition de l’esclavage, avec toute la conviction enflammée que lui confère Ava Baya.
Galerie de portraits
Sur scène, les interprètes pleins d’entrain propagent la fièvre révolutionnaire dans tous les coins du décor grand format. Avec ses estrades, balcons, trappes, tiroirs et escaliers, la scénographie de bric et de broc offre un terrain de jeu tout en relief qui matérialise parfaitement les espaces de possibles narratifs. Car la comédie de Lazare est à la fois historique et musicale, prenant librement des accents de cabaret et d’opérette.
Sa langue, richement rimée, fourmille de figures de style et de jeux de mots qui varient de la noble éloquence au parler populaire, et des latinismes aux anglicismes. De concert avec le texte, l’univers sonore mixe les styles baroques et pop au piano et au violoncelle, superbement joués par Myrtille Hetzel et Jérôme Billy.
A travers Olympe de Gouges mais aussi Théroigne de Méricourt et les femmes des Halles, Lazare fait la part belle au féminisme politique, longtemps oblitéré par l’histoire des grands hommes. Hélas, dans cette galerie de tableaux et de portraits historiques et oniriques, Lazare noie quelque peu l’ambition de son voyage temporel.
En y ajoutant des scènes et des personnages hors du siècle des Lumières – tel Molière et Ninon de Lenclos, et même un caméo d’E.T. l’extraterrestre -, l’ensemble devient trop prolixe et perd son rythme au fil des trois heures. Dommage pour cette pièce qui reste riche de trouvailles et servie avec panache par des artistes aux multiples talents.
Théâtre Callysta Croizer
Théâtre
Texte et mise en scène Lazare.
Paris, La Colline – théâtre national. https://www.colline.fr/spectacles/lavenir-des-reflets
Jusqu’au 20 juin, puis en tournée en 2027.
L’Avenir des reflets Théâtre Lazare
Tiphaine Le Roy
Avec énergie et espièglerie, de célèbres figures de la Révolution française traversent le temps pour mieux questionner notre époque.
Olympe de Gouges et Jean-Paul Marat figurent au cœur de la nouvelle création de Lazare, qui suit une galerie de personnages bien connus de la Révolution française. À mille lieues de la fresque historique, cette proposition semble puiser dans le théâtre forain. Les moments chantés et l’humour sont autant de références à ce genre, tout comme la scénographie, astucieusement pensée de manière à assumer les nombreuses ellipses temporelles auxquelles le spectacle recourt. Les éléments du décor fractionnent les espaces, permettant ainsi à la mise en scène d’embrasser le plateau tout entier ou de resserrer le jeu sur certaines zones. Les huit interprètes s’emparent avec espièglerie du texte composé par Lazare, peu avare d’anachronismes. Chaque acteur interprète plusieurs figures de la Révolution. Denis Lavant offre sa présence sans pareille à un Marat farouche défenseur de l’écrit et de la justice. En miroir, Olympe de Gouges, finement incarné par Ava Baya, se pose également en militante de l’écriture, mais aussi en défenseure des droits des femmes et en figure de l’opposition à l’esclavage. Passé quelques réserves sur certaines séquences un brin didactiques, la proposition de Lazare embarque grâce à l’énergie joyeuse de sa troupe composée de comédiens, chanteurs et musiciens, et par le rythme donné à sa mise en scène.
S’il rappelle les transformations issues de la chute de l’Ancien Régime, l’auteur regarde aussi du côté des résistances au changement. Ainsi, les femmes resteront dans l’ombre, notamment concernant les arts et la littérature ; l’esclavage perdurera et les privilèges ne seront que partiellement abolis. Sur ce sujet, la scène d’introduction du spectacle marque autant par sa drôlerie que par son acuité. Dans une salle d’attente évocatrice d’une administration du xxi e siècle, les mères des protagonistes de la Révolution française attendent qu’une fée attribue des dons à leur nouveau-né. Certains bénéficieront ainsi de privilèges, et d’autres, issus du peuple, obtiendront plutôt des cailloux dans leurs chaussures. Les comédiens jouent les bébés Robespierre, Marie-Antoinette ou Olympe de Gouges en s’inspirant de la technique de la Kokoschka, cette marionnette figurant un corps humain à l’échelle réduite sur laquelle l’interprète place sa tête. La scène, tout en humour, invite à la réflexion. Si la séquence révolutionnaire a aboli les privilèges politiques, les privilèges économiques, au premier rang desquels l’héritage, per durent.
| 3h10 (sans entracte) | Jusqu’au 20 juin, Théâtre de la Colline, Paris 20 e, tél. : 01 44 62 52 52.