Rabah Robert, touche ailleurs que là où tu es né

Texte et mise en scène: Lazare
Avec : Guillaume Allardi, Anne Baudoux, Benjamin Colin, Bianca Iannuzi,
Julien Lacroix, Bénédicte Le Lamer, Mourad Musset, Giuseppe Molino, Yohann Pisiou, Benjamin Colin

Lumière : Bruno Brinas
Scénographie‚ accessoires et costumes : Marguerite Bordat
Régie générale et construction : Olivier Berthel
Assistanat et conseil chorégraphique : Marion Faure
Production : Vita Nova.
Coproduction : Théâtre National de Bretagne- Rennes, Studio-Théâtre de Vitry-sur-Seine, Le Grand T Nantes,
Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois, La Fonderie–Le Mans, ARCADI (Action Régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de France).
Avec le soutien du Théâtre de Gennevilliers, Centre dramatique national de création contemporaine, de l’Institut français – Ministère des Affaires étrangères et européennes, du Fonds SACD Théâtre et de la DRAC Ile-de- France – Ministère de la Culture et de la Communication. Avec le soutien pour l’écriture de Beaumarchais et du CNL.

La disparition d’un père est l’un des centres vides autour duquel s’articule la pièce. Rabah, Robert, les deux prénoms d’un homme. J’ai cherché longtemps le titre. Je m’en suis tenu à Rabah Robert parce qu’il est l’évocation de deux pays séparés, loin et si proches. La France, un pays soudé à un autre, l’Algérie, qui tantôt disparaît tantôt apparaît à la surface.

Extrait:
La chambre disparaît
Ouria vole et appelle son fils Libellule, de la main.
Libellule. – Ma mère, mais comment ça se fait que je me
transformère en mouton?
Ouria. – Toutes les rêves que tu rêves
les rêves dans les rêves que je t’ai donnés, c’est
des rêves vrais.
Libellule. – Elle a mis ses bottes de danseuse!
Ouria. – Oui mes bottes en soldes je les
tape sur le sol!
Le premier, le deuxième, et on s’envole!

À une jeune fille:
On cherche Vincent Van Gogh. Vincent Van Gogh! Vincent Van Gogh! Il s’est coupé une oreille!
Il mime la découpe de son oreille.
Van Gogh! Viens maman.
À un couple:
On cherche… euh… me and maman… mother…to Vincent Van Gogh…Van Gogh!
Very good peintre hollandais! Ma mère aime beaucoup. Viens maman, c’est par là. Par là, à droite.
À une dame en manteau de fourrure:
Vous êtes hollandaise? Pour nous, c’est l’aventure d’arriver en Hollande, on est venu de Barbès!

Danse des bottes.
La rue monte devant nous jusqu’à la lune pleine,
on nous laissera poursuivre notre course
car il fait nuit et ils ne peuvent pas arrêter les rêves
ni l’astre qui hante les prisons,
et puis nous ne sommes pas fatigués grâce à mes bottes
nous pouvons sauter par-dessus les ravins,
sauter par-dessus les murs, nous avons plein de muscles, aucune
automobile ne va plus vite que nous!
Quand nous dormons nous ne sommes pas comme les troncs d’arbres dans la neige,
et d’une légère poussée on devrait pouvoir arracher notre corps à la pesanteur de
la terre.
Ils s’envolent.
Des oiseaux, on dirait des fleurs!
Ils atterrissent dans le public.
Une rue d’Amsterdam sous la neige.
Libellule et sa mère emmitouflés dans des manteaux, écharpes et bonnets de fortune.
Libellule. – Ouah! Ça caille! Mets ton bonnet maman!
Maman, regarde la fille! Fais-lui signe comme ça! Maman,
regarde, elle m’a vu!

« Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port
tourne vers le port de la maladie. On ne se révolte plus contre les
choses, on n’est pas résigné́ non plus, on est malade et cela ne passera
pas. »

« Derrière la gare
La marche creusée dans le mur
Où le souvenir de Rabah
Robert est assis
Il me regarde
Je le regarde
Miroir loin comme la nuit face
à face
Je suis heureux, il me regarde
Je suis heureux, je le regarde
Nous sommes proches
Proches et saisissable »

Revue de presse

LA TERRASSE
Choisissant un titre qui évoque les deux pays séparés, la France et l’Algérie, Lazare construit un spectacle autour de la mort du père, des mots de son absence et de ceux de la violence.

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Le Blog de Martine Silber
On avait laissé Lazare Au pied du mur sans porte à L’Echangeur de Bagnolet, le revoici au T2G avec Rabah Robert, dernier volet de la trilogie entamée avec Passé-je ne sais où, qui revient.
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LE CANARD ENCHAINE
AVEZ-VOUS compris quelque chose? » Demande cette spectatrice rieuse à la sortie de « Rabah Robert. Touche ailleurs que là où tu es né », titre aussi beau qu’énigmatique. Et de se rassurer: « Le metteur en scène m’a dit que ce n’était pas grave si on n’y comprenait rien.
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LES 3 COUPS
Lazare persiste et signe avec lʼultime volet de son triptyque : « Rabah Robert ». Volent en éclats la langue, la fable, les personnages. Un spectacle énergique, poétique et déconcertant sur les trous de lʼhistoire dans les rapports entre la France et lʼAlgérie. Radical.
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L’UMANITE
Le théâtre déflagration de l’univers de Lazare
«Avec Rabah Robert Lazare clôt un triptyque débuté en 2008, une aventure théâtrale où la langue, le
corps reconstituent le récit d’une histoire sans nom.
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HUFFPOST
Passionné et habité par le Théâtre, avant d’être auteur dramatique et metteur en scène, Lazare pourrait se définir comme poète. Amoureux du vers et de la pensée, il place le langage et la parole au cœur de son travail.
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