Création Théâtre National de Strasbourg | 27 février 2019
Lazare est artiste associé au projet du TNS
Coproduction
Théâtre Vita Nova
T2G – Théâtre de Gennevilliers
Le Liberté – Scène nationale de Toulon
Texte et mise en scène : Lazare
Collaboration artistique: Anne Baudoux, Marion Faure, Laurie Bellanca
Regard chorégraphique : Marion Faure
Assistanat musical : Laurie Bellanca
Avec
Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Audrey Gallet, Marion Faure, Emile Samory Fofana, Odile Heimburger, Thibault Lacroix, Olivier Leite, Philippe Smith, Véronika Soboljevski, Julien Villa
Scénographie : Olivier Brichet
Costumes : Virginie Gervaise
Habilleuse : Marion Xardel
Création sonore : Jonathan Reig
Création lumière : Kelig Le Bars
Régisseur lumière : Alexandre Ratz
Direction technique & Régie générale : Bruno Bléger
Régisseur de plateau & poursuite : Yoan Weinstraub
Administration & production : Olivia Bussy
Production : Théâtre National de Strasbourg, Vita Nova
Dans le film qui ouvre la pièce, Ismaël est un personnage que la société jugerait « déconnecté du réel », qui marche dans les rues de Paris et de la banlieue, écoute, perçoit, ressent, que la violence du monde agresse et qui, pour ne pas sombrer, réinvente des mondes à partir de ce qu’il vit et voit. Il entrevoit une porte d’où faire jaillir les histoires qui le traversent – et où son imagination n’aurait pas de limites : le cinéma. La science-fiction. Dans le scénario que veut tourner Ismaël, il y a des extraterrestres qui ontété évincés de la planète « Somax », qu’on a parqués en périphérie urbaine : à quoi peuvent-ils bien servir sur Terre ? Il y a le célèbre psychiatre Alain Melon, qui lance un vaste projet financé par le milliardaire Hollywood l’intelligence artificielle peut-elle éteindre le désir de passion ? Il y a Jésus, le grand libérateur tant attendu, mais qui a la sensation d’être né « vieux », à trente-trois ans. Mais comment faire un film sans équipe et sans moyens et qui paraît, aux yeux de ceux à qui il en parle, « excessivement poétique et surréaliste » ? Le spectacle s’articule en deux temps : un court métrage d’une vingtaine de minutes qui présente la croisade d’Ismaël essayant de faire un film jusqu’à ce qu’un homme le sauve de la noyade. Comme l’homme est blond aux yeux bleus, Ismaël le prend pour le Jésus de son film, son double, son « jumeau dissemblable ». Puis Ismaël disparaît – est-il mort ? Ou parti vivre dans les méandres de son film ? Sur scène, commence alors une enquête : Comment reconstituer ce film qui l’obsédait tant ?
Jésus: Nos deux regards se croisent.
Je n’y échapperai pas…
je n’échapperai pas aux dimanches froids dans les rues de Pigalle.
Il insiste pour me faire monter dans sa voiture.
Taxicomane : Monte ! monte !
Jésus : Il insiste pour me faire entrer au Bar du cerf !
Là où les strip-teaseuses montrent leur nombril rose dans l’éternelle sphère.
Le Taxicomane : Monte ! monte !
J’ai des prix dans les bars à stript !
Chant du Taxicomane
Emprisonné dans les étoiles du périphérique
Moi je pratique la vision des antiques
Je vois
Ce que vous ne voyez pas
Je roule à l’inverse des lumières
Tu sais moi c’est quoi ?
J’décide
J’ai pas besoin de voir
Je vais où je veux
Hé t’inquiète pas !
Y’a pas d’accident affreux
J’avance sans ouvrir les yeux
Je vois à l’infini
Je peux conduire de Paris à Munich ou en Chine
C’est parce que je vois dans l’obscurité
J’ai pas besoin d’yeux pour voir la vérité
Je suis un taxicomane et je dois rouler
Alain Melon : Vous avez connu Gérard de Nerval ?
Jésus : Oui il promenait toujours avec lui un homard en laisse.
En quoi un homard est-il plus ridicule qu’un chien, qu’un chat, qu’une gazelle, qu’un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? « J’ai le gout des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets, n’aboient pas et n’avalent pas la monade des gens comme les chiens, si antipathiques à Goethe, lequel pourtant n’était pas fou. »
Alain Melon : Oh la la… ça va pas la bourbouille…
Jésus : Ah non pas de la bourbouille ! Nous voulons plus de choulax !
Photos du spectacle au Théâtre National de Strasbourg
(Jean-Louis Fernandez)
Texte et mise en scène et réalisation Lazare
Collaboration artistique Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Marion Faure,
Scénographie Vincent Gadras à partir d’éléments de la scénographie de Sombre Rivière conçue par Olivier Brichet,
Lumières : Kelig Le Bars,
Son : Jonathan Reig,
Costumes : Léa Perron,
Cheffe opératrice : Audrey Gallet,
Regard chorégraphique et assistanat général : Marion Faure,
Assistanat musical : Laurie Bellanca.
Avec : Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Audrey Gallet, Odile Heimburger, Thibault Lacroix, Olivier Leite, Emile Samory Fofana, Philippe Smith, Veronika Soboljevski, Julien Villa et Marion Faure
Montage films : Lazare, Anne-Sophie Bussière, Jeanne Sarfati
Chefs opérateur – trice·s hors plateau : Nicos Argilet, Balthazar LAB, Thomas Bataille, Robin Fresson, Audrey Gallet, Frédéric Mainçon, Ludwik.
ingénieur son : Matthieu Perrot
Production : Théâtre National de Strasbourg, Vita Nova
Co-production : T2G − Théâtre de Gennevilliers | Théâtre National de Bretagne | Le Grand T − Théâtre de Loire-Atlantique |Le Liberté − Scène nationale de Toulon | Maison de la Culture d’Amiens
Le texte a reçu l’aide à la création du Centre national du Livre
Pourquoi écrire un film ?
La première fois que j’ai été au cinéma, c’était pour voir
E.T. l’extraterrestre de Steven Spielberg. Je devais avoir 7 ans, c’était ma sœur qui m’accompagnait. Quand je le vis, je me mis à hurler plus fort que les autres enfants qui, eux, riaient. Ma sœur avait honte. Mais ce personnage, pour moi, était comme un nouveau dieu. Il me ressemblait, à cause de mes yeux globuleux, aussi parce qu’il veut retourner « à la maison », sur sa planète, et que chez moi on mangeait du couscous et je ne savais pas où était « la maison ». Dans ma famille on a toujours pensé qu’on était adoptés à cause de nos visages différents. Ma sœur a le nez épaté, on ne sait pas d’où cela vient… On cherchait donc, sur les cartes du monde de quels pays on pouvait bien venir, comme sur une carte des étoiles. Je m’imaginais les constellations dont venaient mes parents qui n’étaient pas la France. E.T. m’a donné le goût des champs de maïs de soleil de l’Amérique, de mon existence hollywoodienne comme héros du futur. Je n’ai pas été beaucoup au cinéma lorsque j’étais enfant. Je n’ai pas non plus appris à jouer aux jeux-vidéos comme la plupart des garçons de ma génération. Puis, tout jeune adulte j’ai du me préoccuper de ma survie et je n’avais que rarement l’occasion de voir des films. Aujourd’hui, chaque fois que je vois un film, c’est comme si je voyais la naissance du monde. Quand j’ai découvert Tarkovski à 19 ans j’ai cru que j’allais tomber malade.
Photo de tournage Canal Saint Martin.
Film Je m’appelle Ismaël:
avec Lazare, Thibault Lacroix, Ouria, Clara Ponsot, Philippe Smith, Julien Villa, Mourad Musset, Jean-François Perrier, Axel Bogousslavski, Vincent Brousseau, Abdel Lamrani, Nathalie Kousnetzoff, Alain Fride, Julie Hega, Olivier Martin-Salvan, Cécile Massinéo, Bernard Traversa, Deila Vogur , Alexandre Michel, Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Olivier Leite, Emile Samory Fofana, Isadora…
Chefs opérateur·trice·s : Nicos Argilet, Balthazar Lab, Thomas Bataille, Robin Fresson, Audrey Gallet, Frédéric Mainçon, Ludwik P
Ingénieur son : Matthieu Perrot
Remerciements pour le tournage du film à la mairie de Bagneux, au Cinéma le Louxor à Paris, et à la Cité Internationale des Arts de Montmartre.
Avec l’autorisation de la Préfecture de Police de la ville de Paris pour le tournage du film.
Ismaël, un jeune homme, artiste, se souvient au lendemain des attentats de novembre 2015, qu’il est d’origine étrangère. Il s’angoisse et n’ose plus sortir de chez-lui, un petit appartement situé au dernier étage d’un immeuble à Barbes. Des personnages à l’apparence fantastique viennent le visiter dans son quotidien, à l’improviste et nourrissent peu à peu son imaginaire. Dans son isolement, il rêve d’aventures épiques et érotiques, de cinéma et projette de réaliser un film sur les traces de Gérard de Nerval et son « Christ aux oliviers », un Jésus revenant parmi les hommes, qui se ferait coffrer en hôpital psychiatrique. Ismaël tente de rassembler de l’argent et une équipe de tournage, les acteurs et musiciens d’une troupe de théâtre dirigée par Lazare.
En vain. Sans aucune ressource et très affaibli par l’angoisse de la solitude et la précarité, il est expulsé de chez lui et il décide de mettre fin à ses jours en se noyant dans le canal Saint-Martin. Il est sauvé in extremis par un jeune homme blond, acteur vagabond et un peu escroc, qu’Ismaël prend pour un chevalier incarnant la bonté, le Jésus de son film. Il l’identifie comme son double derrière lequel il aimerait bien se cacher, il est alors happé dans sa propre fiction et n’en sortira plus. Il n’y aura plus désormais aucun frein à ses nombreuses métamorphoses. Il demande à Jésus de prendre sa place dans le réel et auprès des siens. Tous deux s’en vont vivre chez la mère d’Ismaël, en banlieue parisienne.
Théâtre national de Strasbourg création du 27/02/2019 au 9/3/19
T2G Gennevilliers du 21mars au 1 avril 2019
Théâtre Liberté Toulon le 3 mai 2019
Théâtre des Abbesses du 4 au 8 juin 2019
Grand T Nantes Du 21 au 23 novembre 2019
Théâtre National de Bretagne Du 27 au 29 novembre 2019
MCA Amiens Du 3 au 4 décembre 2019
Le Préau – Vire 12 décembre 2019
HOTTELLO
L’espace de création existe en chacun, comme toutes les possibilités d’existence non encore advenues, non explorées, mais présentes et vivantes à travers les rêves, telle est la réflexion philosophique et citoyenne de Lazare, auteur et metteur en scène de Je m’appelle Ismaël, artiste associé au théâtre National de Strasbourg….. Lire la suite
ƒƒ article de Nicolas Thevenot « Un Fauteuil pour l’orchestre »
Présenté comme un projet hors-norme, parce qu’il embrasse l’art cinématographique, la musique et le théâtre, Je m’appelle Ismaël l’est aussi par l’énergie combative qu’il déploie pendant presque trois heures…. Lire la suite
D’une poésie échevelée, ce spectacle foisonnant emprunte aux films de science-fiction et à la comédie musicale pour nous entraîner dans une sarabande aussi survoltée que désopilante où défile une galerie des personnages passablement allumés sur fond de complot informatique visant à éradiquer toute passion du cerveau humain…..Lire la suite
jean-pierre thibaudat / Journaliste, écrivain, conseiller artistique
« Je m’appelle Ismaël » est le titre de la nouvelle pièce de Lazare (si, si, le pote à Jésus) qu’il met en scène en retrouvant ses compagnons victorieux de « Sombre rivière » et le renfort de nouvelles recrues. Un spectacle explosif et explosé, plein de mots, de fureurs, de musiques, de danses et d’extravagances…… Lire la suite
